Ainsi, le taux de pauvreté absolue est passé de 11,7% avant le transfert des aides publiques à 2,5% après le transfert au niveau national, respectivement de 7,1% à 1,4% en milieu urbain et de 19,8% à 4,5% en milieu rural, précise le HCP, ajoutant que l’indice de Gini, mesure synthétique des inégalités sociales, est passé de 44,4% sans les transferts publics à 38,4% après réception des aides publiques.
Et de noter les inégalités sociales et la pauvreté monétaire au Maroc ont été appréhendées à partir des données issues de l’enquête nationale sur les sources de revenu réalisée par le HCP, du 1er décembre 2019 à fin mars 2020, auprès d’un échantillon de 3.290 ménages. Les résultats obtenus sont présentés par ménage et par personne.
Sous l’effet de la crise sanitaire et sans les aides publiques, la pauvreté aurait été 7 plus élevée et la vulnérabilité multipliée par 2, creusant profondément les inégalités, relève le HCP.
Dans le contexte de la crise sanitaire, l’incidence de la pauvreté s’est élevé à 11,7% au temps du confinement, se multipliant par 5 en milieu rural à 19,8%, et de 14 fois en milieu urbain pour s’établir à 7,1%.
De même, le taux de vulnérabilité a plus que doublé, passant de 7,3% avant le confinement à 16,7% pendant le confinement. Par milieu de résidence, ces proportions sont respectivement de 14,6% et 20,2% en milieu urbain et en milieu rural. Dans ces conditions, les inégalités sociales se sont détériorées et ont dépassé le seuil socialement intolérable (42%). L’indice de Gini a atteint 44,4%, contre 38,5% avant la crise sanitaire. Ces contrecoups majeurs de la pandémie Covid-19 sur le bien-être socioéconomique des ménages obligent le Maroc à réagir en doublant les efforts et les mesures urgentes de lutte contre l’exacerbation de la précarité afin d’endiguer l’augmentation de la pauvreté et des inégalités sociales et de renforcer la résilience des ménages vulnérables à la crise sanitaire pour renverser la tendance vers une société plus égalitaire, fait observer le HCP.
Le HCP tient à rappeler que l’enquête nationale sur les sources de revenu de 2019 a été réalisée avec la contribution financière de la Banque Mondiale et le soutien méthodologique de l’Institut National de Statistique d’Italie.
