
La commission de l’Intérieur à la Chambre des représentants a entamé, mardi dernier, l’examen d’un projet de loi organique relatif aux régions, présenté par le ministre de l’Intérieur Abdellatif Laftit. Ce texte introduit des changements majeurs dans le mode de gestion des projets et l’organisation de leur exécution au niveau territorial.
Transformation des agences régionales d’exécution
Le projet prévoit une réforme structurelle importante, notamment la transformation des agences régionales d’exécution des projets en sociétés anonymes. La nomination de leurs directeurs généraux serait confiée aux walis, ce qui réduirait le rôle direct des présidents de régions dans la mise en œuvre des projets.
Inquiétudes des députés sur le rôle des élus
Lors des débats, plusieurs députés ont exprimé leurs inquiétudes quant à un possible affaiblissement du rôle des élus locaux. Ils estiment que ces changements pourraient réduire la démocratie locale et limiter les conseils régionaux à un rôle de validation et de discussion, tandis que l’exécution serait confiée à des structures techniques.
L’opposition a également alerté sur un déséquilibre potentiel de la gouvernance territoriale et un affaiblissement du principe de responsabilité et de reddition des comptes.
Réponse du ministère de l’Intérieur
En réponse, le ministre de l’Intérieur a affirmé que cette réforme ne vise pas à restreindre les pouvoirs des élus, mais à corriger des dysfonctionnements constatés depuis plusieurs années. Il a rappelé que la région reste un pilier central du développement, mais que la mise en œuvre des compétences nécessite davantage de coordination et de réalisme.
Abdellatif Laftit a également indiqué que certaines initiatives locales avaient nécessité l’intervention de son département pour être corrigées, soulignant la nécessité d’une collaboration entre élus et walis pour assurer l’efficacité des politiques publiques.
Modernisation du système d’exécution des projets
Concernant la transformation des agences en sociétés anonymes, le ministre a expliqué que l’objectif est d’améliorer la performance et la flexibilité de l’exécution des projets, tout en maintenant leur caractère public. La nomination de profils qualifiés est jugée essentielle pour garantir la réussite des programmes régionaux.
Un nouveau modèle de régionalisation avancée
Le projet s’inscrit dans une vision globale visant à renforcer la régionalisation avancée. Il repose sur trois axes principaux : la réorganisation des compétences, la modernisation des mécanismes d’exécution et le renforcement des ressources financières.
Le gouvernement prévoit ainsi une augmentation progressive des transferts financiers aux régions, qui devraient atteindre au moins 12 milliards de dirhams par an à partir de 2027.
Objectif : efficacité et développement équilibré
Selon le ministère, cette réforme vise à instaurer un cadre plus efficace et mieux structuré pour le développement territorial, capable de répondre aux besoins des citoyens et d’accompagner les transformations économiques et sociales du pays.


















