Société

Société

Trafic de jugements à Tétouan : un juge et plusieurs avocats condamnés

Dans l’affaire d’un juge de Tétouan impliqué dans un vaste réseau de corruption et de manipulation de jugements, la Chambre criminelle de deuxième degré spécialisée dans les crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat a rendu son verdict mercredi 1er avril. Le scandale, révélé en 2023 par l’épouse du magistrat, impliquait une dizaine de personnes, dont un autre juge, des avocats, des intermédiaires, ainsi que les deux enfants du principal accusé.

Allègement des peines en appel

Lors du délibéré, la Cour a réduit les peines prononcées en première instance. Un co-accusé a été acquitté, tandis que les autres condamnés écopent de trois ans de prison ferme et de 1,2 million de dirhams d’amendes cumulées, rapporte Al Akhbar ce vendredi 3 avril.

Le principal accusé, ancien président d’une chambre près de la Cour d’appel de Tétouan, a vu sa peine ramenée à 18 mois de prison, contre trois ans initialement. Les deux avocats poursuivis ont été condamnés à 16 mois de réclusion, au lieu de deux ans, et les sept autres prévenus — comprenant deux avocats, un notaire et un entrepreneur — ont reçu des peines avec sursis, également allégées par rapport au jugement en première instance.

Témoignage clé de l’épouse du magistrat

Au cours du procès, l’épouse du juge incriminé a témoigné à la barre, détaillant la manière dont son mari manipulait les verdicts en échange de pots-de-vin substantiels. Elle a confirmé la véracité des accusations formulées dans sa plainte initiale, qui avait mis au jour ce réseau de corruption.

Enquête et preuves accablantes

L’instruction a été marquée par de nombreuses confrontations entre les mis en cause et par l’exploitation de preuves techniques, notamment les téléphones portables et les comptes bancaires des accusés. Ces éléments ont permis au juge d’instruction de placer en détention provisoire le magistrat principal et deux avocats, tandis que les sept autres prévenus, suspectés de collusion, ont été libérés sous contrôle judiciaire.

Révélations à l’origine du scandale

L’affaire avait éclaté en 2023, lorsque l’épouse du magistrat avait déposé une plainte auprès des autorités, accompagnée d’enregistrements accablants. Elle y dénonçait l’implication de son mari, d’autres juges, avocats et fonctionnaires dans la manipulation de jugements contre rémunération. Elle avait également mis en lumière le rôle d’intermédiaires opérant dans le bâtiment de la Cour d’appel de Tétouan. Sa démarche a permis de confirmer des verdicts iniques et des pratiques judiciaires illégales, exposant un réseau de corruption profondément enraciné.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-neuf − 8 =