Société

Cinépsy Maroc 2024 : un événement pour les familles

Le coup d’envoi de la 6e édition de Cinepsy Maroc a été donné ce vendredi 9 février à la faculté de médecine de Casablanca. Au menu, des projections de documentaires, des débats et des échanges sans tabou entre les familles, les professionnels de la santé et les spécialistes marocains et internationaux.

« États limites face à la famille » et « Cultures face aux délires » tels sont les thématiques choisis par les familles pour cette 6e édition de Cinepsy Maroc « après chaque édition, nous demandons aux participants, aux patients et aux familles de choisir des thématiques pour la prochaine édition. Je tiens à rappeler que Cinepsy est un événement réalisé par et pour les familles » explique Bouchra Benyezza, psychothérapeute et fondatrice de Cinepsy Maroc.

Etats limites chez les adolescents

Pour cette première journée, les spécialistes ont débattu autour d’une thématique d’une importance majeure : les états limites chez les adolescents appelés également les comportements borderline.

Il s’agit là des adolescents qui portent atteinte à leur corps en se mutilant ou en consommant de la drogue ou de l’alcool « de nombreuses familles sont confrontées aux comportements borderline des adolescents notamment la scarification, les tatouages, les troubles alimentaires ou la prise des drogues ou d’alcool. Généralement, ces adolescents testent ainsi leurs limites aussi celles de leurs parents » et d’ajouter « je ne peux pas dire que ce phénomène a connu une augmentation au Maroc, par contre, avec les réseaux sociaux, l’isolement qu’on a vécu pendant le confinement et le post Covid, certains adolescents étaient des enfants et ont vécu très mal cette période où il y a eu une cassure ou une fêlure. Une fois adolescents, ils ont choisi d’exprimer leur mal être avec de l’automutilation, de la scarification…et ce que je peux dire c’est qu’il y a beaucoup de filles dans cette situation » explique la spécialiste qui appelle à « consulter des psychiatres et des psychologues pour une prise en charge efficace et rapide qui permettra à l’adolescent de reprendre confiance en lui et à panser ses blessures ».

Quid du regard de la société ?

Pour la spécialiste, le regard de la société envers les patients a changé depuis quelques années « nous avons remarqué qu’il y a une évolution. On est à la 6e édition et beaucoup de parents nous contactent pour assister à l’événement ce qui n’était pas le cas avant. Aujourd’hui, on commence même à refuser des personnes parce qu’on n’a plus de places vu le nombre important des inscrits » se félicite la spécialiste qui souhaite briser les tabous de la maladie mentale au Maroc.

Le cinéma au service des patients

Pour la spécialiste, les fictions cinématographiques marocaines continuent de présenter une image stigmatisée sur la maladie mentale « à part le réalisateur Mohamed Nadif qui a donné une image différente de la maladie mentale, le cinéma marocain continue de stigmatiser les patients. Que ce soit au Maroc ou ailleurs, les personnes qui ne sont pas touchées continuent de fantasmer et à faire du sensationnel » et d’ajouter « À l’inverse de nombreuses fictions cinématographiques – qui ne véhiculent pas la réalité des pathologies mentales, au risque de les stigmatiser -, les documentaires sélectionnés à Cinepsy, qui sont réaliser par des soignants, des patients ou des professionnels de l’audiovisuel, témoignent des réalités vécues et visent à favoriser une meilleure compréhension des pathologies ».

Pour rappel, Cinepsy Maroc a pour but d’instaurer des échanges sans tabou entre les familles, les professionnels de la santé et des spécialistes nationaux et internationaux. Le but est de raconter des histoires où les acteurs principaux sont les malades qui s’expriment souvent avec authenticité.

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