Le projet de dessalement de l’eau de mer et d’aménagement d’un nouveau périmètre irrigué dans la région de Dakhla-Oued Eddahab entre dans sa phase finale. Selon le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, la station de dessalement affiche un taux d’avancement de 97 %, tandis que le réseau d’irrigation atteint 99 %. Le parc éolien destiné à alimenter les installations est, quant à lui, déjà opérationnel.
Ces avancées ont été constatées lors d’une visite de terrain effectuée vendredi 30 octobre 2026 par le ministre Khalid Hatimy dans la région, dans le cadre du suivi des grands projets stratégiques engagés dans les provinces du Sud.
Implanté dans la commune de Bir Anzarane, le projet repose sur trois composantes principales : une station de dessalement de l’eau de mer, un parc éolien d’une puissance de 60 MW et un réseau d’irrigation constitué de 130 kilomètres de conduites.
La visite ministérielle a permis de faire le point sur l’état d’avancement de ces différentes infrastructures. Le parc éolien est déjà en service, alors que les travaux de la station de dessalement et du réseau d’irrigation sont respectivement réalisés à hauteur de 97 % et de 99 %.
Le ministre était accompagné du wali de la région, du gouverneur de la province d’Oued Eddahab ainsi que d’une délégation de responsables du département de l’Agriculture.
Lancé par le roi Mohammed VI à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte, ce projet s’inscrit dans le cadre du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud. Sa réalisation constitue un levier important pour renforcer la sécurité hydrique et accompagner le développement agricole de la région.
Mobilisant un investissement global d’environ 2,6 milliards de dirhams, le programme vise à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau destinée à l’irrigation agricole et à la consommation humaine.
La future station disposera d’une capacité de production annuelle de 37 millions de mètres cubes d’eau dessalée. Sur ce volume, 30 millions de mètres cubes seront consacrés à l’irrigation et 7 millions de mètres cubes à l’alimentation en eau potable.
Cette ressource permettra d’aménager un périmètre agricole de 5 000 hectares. Le recours à l’eau dessalée devrait également contribuer à préserver la nappe phréatique de Dakhla, en réduisant la dépendance de l’activité agricole aux ressources souterraines.
Au-delà de la sécurisation de l’approvisionnement en eau, le projet ambitionne de favoriser la diversification des cultures et le développement de productions agricoles à forte valeur ajoutée. Il doit ainsi renforcer l’activité agricole régionale tout en mobilisant l’expertise et les investissements du secteur privé.
Le programme prévoit également une dimension sociale et entrepreneuriale, avec la mise en place de 100 petits projets agricoles destinés aux jeunes de la région. Chaque exploitation devra couvrir une superficie comprise entre 5 et 10 hectares.
Les bénéficiaires doivent profiter d’un accompagnement destiné à faciliter leur installation, la structuration de leurs activités et le développement de leurs exploitations. Cette démarche vise à favoriser l’émergence de nouvelles initiatives entrepreneuriales et à renforcer l’implication des jeunes dans la dynamique agricole locale.
À terme, les retombées économiques annoncées sont importantes. Le projet devrait permettre une production annuelle d’environ 500 000 tonnes de primeurs et la création de 30 000 emplois permanents.
Le ministère table également sur la génération d’une valeur ajoutée supérieure à un milliard de dirhams.
Avec ses infrastructures de dessalement, son alimentation en énergie éolienne et son réseau d’irrigation, ce programme doit ainsi contribuer à transformer le potentiel agricole de Dakhla-Oued Eddahab, tout en conciliant développement économique, valorisation des terres agricoles et préservation des ressources en eau.
