La gestion des grandes infrastructures sportives de Casablanca s’apprête à connaître un changement majeur. La commune a engagé la procédure de résiliation des conventions qui la lient à la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs (Sonarges), au profit de la société Casa Région Sport. Un audit comptable et financier est également envisagé afin d’examiner les conventions concernées et de renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics.
L’annonce a été faite le jeudi 22 octobre 2026 par Houcine Nasrollah, vice-président du conseil de la ville de Casablanca et membre de la commission conjointe chargée du suivi de ces accords.
La commune de Casablanca engage la résiliation des conventions
Cette décision fait suite à plusieurs réunions de la commission conjointe, au cours desquelles des manquements aux engagements contractuels de la Sonarges auraient été relevés. Sur cette base, la commission a recommandé d’engager la procédure de résiliation des conventions liant la société nationale à la commune.
Le processus doit notamment permettre de réexaminer les conditions de gestion des équipements concernés et de clarifier les responsabilités des différents intervenants. La commission a également recommandé le recours à un cabinet spécialisé dans l’audit comptable et financier pour examiner en profondeur les conventions et leurs aspects financiers.
Selon Houcine Nasrollah, cette démarche répond à un objectif de responsabilisation, de reddition des comptes et de protection des deniers publics. Le recours à un audit doit ainsi contribuer à apporter davantage de visibilité sur l’exécution des engagements contractuels.
Complexe Mohammed V, Larbi Zaouli, Al Amal : les équipements concernés
Le changement de gestion concerne plusieurs infrastructures sportives importantes de la métropole, notamment le Complexe sportif Mohammed V, le stade Larbi Zaouli, le complexe Al Amal et La Casablancaise. Le dispositif prévoit également des démarches relatives au Club municipal casablancais, ainsi qu’à la gestion d’autres équipements sportifs relevant de la commune.
Les projets de conventions soumis à l’examen du conseil de la ville portent notamment sur la délégation à Casa Région Sport de missions de réhabilitation, de gestion, d’exploitation et d’entretien de ces infrastructures.
Pour certains équipements, les accords envisagés prévoient également la préparation d’appels à manifestation d’intérêt, afin de définir les modalités de réhabilitation et d’exploitation. L’objectif est de structurer la nouvelle organisation autour d’un opérateur régional chargé de coordonner la gestion des installations concernées.
Un audit financier pour faire la lumière sur les conventions
Au-delà du changement d’opérateur, l’examen des conventions représente un enjeu central pour la commune. La commission conjointe souhaite qu’un cabinet d’audit comptable et financier procède à une analyse approfondie des engagements contractuels et de leurs implications financières.
Le dossier du Complexe Mohammed V figure parmi les sujets les plus sensibles. Une convention prévoyait notamment une enveloppe de 250 millions de dirhams destinée à la réhabilitation du complexe et de ses installations, ainsi qu’une période de gestion de dix ans confiée à la Sonarges.
Les questions relatives aux sommes effectivement versées, à l’état d’avancement des travaux et à l’utilisation des financements devront être examinées dans le cadre des vérifications annoncées. Les résultats de l’audit pourraient ainsi contribuer à clarifier la situation contractuelle et financière des équipements concernés.
La commission a également proposé de renforcer les mécanismes de gouvernance en distinguant les fonctions de pilotage et de suivi des conventions. Elle a recommandé de porter de trois à cinq le nombre de représentants du conseil de la ville au sein de la commission conjointe. Cette proposition a été adoptée à l’unanimité en commission, tandis que celle-ci doit poursuivre ses travaux jusqu’à la désignation des nouveaux membres.
Casa Région Sport appelée à diversifier les revenus des stades
La transition vers Casa Région Sport ne concerne pas uniquement la gestion quotidienne des équipements. La nouvelle société est également appelée à renforcer les ressources humaines qualifiées mobilisées pour l’exploitation des infrastructures et à développer de nouvelles sources de revenus.
La commission a notamment insisté sur la nécessité de mieux valoriser le Complexe Mohammed V, afin de réduire sa dépendance aux recettes générées par les matchs du Raja de Casablanca et du Wydad de Casablanca.
La diversification des revenus, l’amélioration de l’exploitation commerciale et le renforcement de la maintenance figurent parmi les enjeux de cette nouvelle organisation. Les conventions doivent par ailleurs être reformulées conformément aux lois et aux textes réglementaires en vigueur.
Dans cette perspective, la commune prévoit également de confier à Casa Région Sport une mission d’étude sur la situation des infrastructures sportives et culturelles relevant de son ressort, ainsi que l’élaboration d’une feuille de route pour leur gestion.
Une nouvelle organisation en perspective du Mondial 2030
La création de Casa Région Sport s’inscrit dans la stratégie de réorganisation de la gestion des grandes infrastructures sportives au Maroc, à l’approche de la Coupe du monde 2030. La société a été créée en décembre 2025, avant que sa création ne soit autorisée par décret en janvier 2026.
Dotée d’un capital social de 20 millions de dirhams, elle a vocation à assurer la gestion, l’exploitation, la maintenance et la valorisation des infrastructures sportives concernées dans la région de Casablanca-Settat.
À Casablanca, le transfert progressif des responsabilités de la Sonarges vers Casa Région Sport doit permettre de clarifier les rôles des opérateurs et de renforcer la coordination entre les institutions publiques impliquées.
L’enjeu dépasse donc le simple changement de gestionnaire. Il s’agit également d’assurer une meilleure utilisation des équipements, de consolider leur entretien et de garantir une gestion plus transparente des investissements publics, alors que les infrastructures sportives marocaines sont appelées à répondre aux exigences des grands rendez-vous internationaux.
La mise en œuvre effective de cette transition dépendra toutefois de l’aboutissement des procédures de résiliation et de la conclusion des nouvelles conventions de gestion.
