
L’entreprise française de technologie de défense et de robotique militaire Harmattan AI va développer au Maroc un projet industriel intégré consacré aux technologies anti-drones. Une convention d’investissement avec l’État marocain a été signée à l’occasion du Marrakech Air Show 2026, ouvrant la voie à la mise en place d’activités couvrant plusieurs maillons de la chaîne industrielle.
Le projet doit notamment englober la recherche et développement, le prototypage, l’ingénierie, la production, l’intégration, l’assemblage ainsi que les essais et la qualification de solutions dédiées aux technologies anti-drones.
Un projet industriel créateur de 1.000 emplois
Selon les éléments communiqués à l’occasion de la signature, l’investissement devrait permettre la création de 1.000 emplois directs et indirects. Le projet vise ainsi à développer au Maroc des capacités industrielles et technologiques dans un secteur devenu stratégique pour les industries de défense et les systèmes autonomes.
La convention d’investissement a été signée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Administration de la Défense nationale, Abdellatif Loudyi, ainsi que le ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques, Karim Zidane.
Du côté d’Harmattan AI, la convention a été signée par le PDG et cofondateur du groupe, Mouad M’Ghari, et le directeur général d’Harmattan AI Morocco, Amir Benmhajoub.
Une coopération autour d’un drone souverain
En parallèle de la convention d’investissement, Harmattan AI a également signé une lettre d’intention avec l’Administration de la Défense nationale pour travailler au développement d’un drone souverain.
Selon le ministère de l’Industrie et du Commerce, cette initiative doit contribuer au développement de capacités nationales dans les technologies aéronautiques et les systèmes autonomes. Elle s’inscrit également dans la volonté affichée par le Maroc de renforcer ses capacités technologiques et industrielles dans des secteurs considérés comme stratégiques.
La lettre d’intention constitue toutefois un cadre de coopération et doit être distinguée de la convention d’investissement portant sur le projet industriel anti-drones. Les deux annonces s’inscrivent dans la même dynamique, mais ne correspondent pas au même niveau d’engagement industriel.
Le drone IRIFI annoncé pour une production au Maroc
Parmi les systèmes évoqués figure le drone d’attaque à longue portée IRIFI, qui doit être fabriqué au Maroc dans le cadre de cette dynamique industrielle.
Selon les informations communiquées, cet appareil disposerait d’une portée pouvant atteindre 2.000 kilomètres. Cette capacité place le programme dans le champ des systèmes aériens autonomes à longue portée.
La production annoncée au Maroc s’inscrit dans une démarche visant à développer progressivement des compétences locales dans les domaines de l’aéronautique, de la robotique et des systèmes autonomes, au-delà de la seule activité d’assemblage.
Le Maroc renforce son écosystème industriel de défense
Le projet Harmattan AI intervient dans un contexte de développement progressif de l’industrie de défense au Maroc. Le Royaume cherche notamment à attirer des investissements permettant de développer des compétences industrielles locales, de favoriser le transfert de technologies et de structurer de nouvelles chaînes de valeur.
Avec un projet couvrant la R&D, l’ingénierie, le prototypage, la production et les essais, Harmattan AI prévoit une implantation qui englobe plusieurs étapes du cycle industriel.
La combinaison de cette convention d’investissement et de la lettre d’intention consacrée au drone souverain ouvre ainsi un nouveau volet dans la coopération industrielle entre l’entreprise française et le Maroc, avec un accent particulier sur les technologies anti-drones, les systèmes autonomes et les capacités aéronautiques.






















