
Le projet de tunnel ferroviaire sous le détroit de Gibraltar, destiné à relier le Maroc à l’Espagne, connaît une nouvelle accélération en 2026. Longtemps considéré comme un projet ambitieux mais lointain, il avance désormais grâce à l’intensification des études techniques et à l’augmentation des financements dédiés.
Ce chantier stratégique vise à créer une liaison ferroviaire permanente entre l’Afrique et l’Europe, renforçant ainsi les échanges économiques, commerciaux et humains entre les deux continents.
De nouveaux financements pour accélérer les études
En mars 2026, le gouvernement espagnol a approuvé une nouvelle enveloppe de 1,73 million d’euros destinée à financer les études techniques du projet. Cette décision s’inscrit dans une dynamique de relance marquée par une hausse significative des budgets consacrés au tunnel au cours des dernières années.
Cette mobilisation financière traduit la volonté des deux pays de faire progresser un projet considéré comme l’un des plus importants défis d’ingénierie de la région méditerranéenne.
Une infrastructure hors normes
Selon les scénarios actuellement étudiés, le tunnel devrait atteindre environ 65 kilomètres de longueur, dont près de 40 kilomètres du côté espagnol. L’ouvrage comprendrait deux tubes ferroviaires ainsi qu’une galerie de service dédiée à la sécurité et à la maintenance.
Certaines sections pourraient être situées à près de 500 mètres sous le niveau de la mer, ce qui en ferait l’un des tunnels sous-marins les plus complexes jamais réalisés. Une fois opérationnelle, la liaison permettrait de relier Tanger à l’Espagne en seulement 30 minutes.
Le coût global du projet est estimé à environ 10 milliards d’euros.
Des études géologiques décisives en 2026
La phase actuelle est principalement consacrée aux investigations techniques et géologiques. Des campagnes de recherche marine doivent permettre d’établir une cartographie tridimensionnelle du sous-sol du détroit afin de mieux comprendre les contraintes géologiques du futur tracé.
Parallèlement, les équipes chargées du projet poursuivent la mise à jour des études d’ingénierie afin de définir la solution la plus adaptée sur les plans technique, économique et environnemental.
Un projet stratégique pour le Maroc
Bien que le tunnel ne soit pas attendu avant la Coupe du monde 2030, les avancées enregistrées témoignent d’une volonté réelle de faire aboutir ce projet après plusieurs décennies d’études et de discussions.
Pour le Maroc, cette future liaison représenterait un levier majeur de développement économique et logistique. Elle renforcerait davantage son rôle de plateforme stratégique entre l’Europe et l’Afrique et contribuerait à fluidifier les échanges commerciaux ainsi que la mobilité des personnes entre les deux continents.
Une vision à long terme
Au-delà de sa dimension technique, le tunnel sous le détroit de Gibraltar symbolise une nouvelle étape dans l’intégration euro-africaine. En reliant directement les réseaux ferroviaires des deux rives, il pourrait transformer durablement les flux de transport, de commerce et d’investissement entre le Nord et le Sud de la Méditerranée.




















