
France: les opposants à la loi immigration jettent leurs dernières forces dans la rue
Quatre jours avant une décision très attendue du Conseil constitutionnel, ces opposants espèrent rassembler au-delà de la sphère militante traditionnelle pour faire pression sur le gouvernement.
L’exécutif pourrait promulguer rapidement ce texte voté mi-décembre notamment avec les voix du parti d’extrême droite Rassemblement national, sauf censure complète et surprise par le Conseil constitutionnel le 25 janvier.
Plus de 160 marches sont prévues à travers la France, dont une à Paris. L’appel avait été initialement lancé par 201 personnalités (acteurs, écrivains, journalistes, syndicalistes…).
« Soucieux de rassemblement et de solidarité plutôt que de division sans fin de notre société, nous demandons au président de la République de ne pas promulguer cette loi« , écrivent les auteurs de l’appel.
Pour les signataires de tous horizons, la loi « a été rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de ‘préférence nationale’« .
En cause, les nombreux ajouts du Parlement au texte initial du gouvernement, donnant une coloration très droitière à une loi qui devait initialement reposer sur deux volets, l’un répressif pour les étrangers « délinquants », l’autre favorisant l’intégration.
Désormais, le texte comprend de nombreuses mesures controversées, comme le durcissement de l’accès aux prestations sociales, l’instauration de quotas migratoires ou le rétablissement du « délit de séjour irrégulier ».
« Les manifestations du 21 doivent démontrer que l’opinion n’est pas avec les racistes et les fascistes« , a exhorté vendredi le collectif militant « Marche des solidarités », en première ligne dans la rue depuis plusieurs semaines.
Le 14 janvier, des milliers de personnes avaient déjà défilé pour réclamer le « retrait total » de ce texte et maintenir la « pression » avant la décision du Conseil constitutionnel, à l’appel d’associations de défense des immigrés.