
Pollution: Le plus gros distributeur d’eau britannique condamné à une amende 3,3 millions de livres
Le distributeur d’eau de la région de Londres Thames Water, en difficultés, a été condamné mardi à une amende de 3,3 millions de livres (3,9 millions d’euros) pour avoir pollué des cours d’eau et entraîné la mort de plus de 1.000 poissons.
L’entreprise de gestion des eaux la plus importante du pays était accusée par l’Agence environnementale, un organisme public, d’avoir déversé « des millions de litres » d’eaux usées non traitées en 2017 dans des cours d’eau près de l’aéroport de Gatwick, en banlieue de Londres.
Selon des témoignages lus pendant deux journées d’audience au tribunal de Lewes, au sud-est du Royaume-Uni, le ruisseau de Gatwick et la rivière Mole sont devenus « noirs » avec « un grand nombre de poissons morts visibles » dans l’eau.
La juge Christine Laing a estimé que Thames Water « a +délibérément induit en erreur+ l’Agence de l’environnement britannique pendant l’enquête », fait valoir le régulateur de l’environnement Defra, affilié à l’EA, dans un communiqué de réaction.
« Nous avons lancé des poursuites sur ce cas à l’impact environnemental conséquent parce qu’il était entièrement évitable », ajoute le régulateur, expliquant que « Thames Water a échoué à mettre en place des systèmes pour gérer le risque de pollution sur le site en question et n’a pas réagi aux signaux d’alarme ».
Thames Water n’avait pas répondu dans l’immédiat aux demandes de réaction de l’AFP.
L’avocate de la défense Lisa Roberts avait assuré pendant les deux journées d’audience que l’entreprise présentait « ses plus sincères excuses » pour l’incident mais a rejeté les accusations d’un historique de négligence, assurant que cette pollution était survenue à cause d’un mécanisme d’actionnement défectueux dans une pompe.
Les distributeurs d’eau et Thames Water notamment sont régulièrement accusés au Royaume-Uni de polluer les cours d’eau et le littoral à cause d’un réseau ancien et sous-entretenu d’égouts qui débordent fréquemment lors d’orages.
D’après l’agence PA, Thames Water a déjà payé 32,4 millions de livres d’amendes pour des incidents de pollution dans la vallée de la Tamise et au sud-ouest de Londres lors d’autres poursuites des régulateurs britanniques de l’environnement entre 2017 et 2021.
La sentence de mardi intervient au moment où le distributeur d’eau, qui alimente 15 millions de ménages, croule sous les dettes et est au bord de la faillite.
Le gouvernement britannique s’était dit prêt, mercredi, à n’importe quel scenario, tout en assurant que « le secteur dans son ensemble est financièrement résilient » et que l’approvisionnement en eau « est protégé ».
L’annonce mardi dernier de la démission subite de la directrice générale de Thames Water, Sarah Bentley, dont le successeur n’a pas encore été annoncé, avait nourri les premières inquiétudes.
Selon la presse, le gouvernement travaille désormais à un plan d’urgence qui lui permettrait si besoin de reprendre la main sur Thames Water via un régime « d’administration spéciale ».
L’entreprise accuse une dette de près de 14 milliards de livres (16,2 milliards d’euros) et est en discussions avec ses actionnaires, dont les plus importants sont les fonds de pension canadien Ontario Municipal Employees Retirement System et britannique Universities Superannuation Scheme, pour lever 1 milliard de livres, après 500 millions de livres déjà versés en mars.