Casablanca accueille, du 19 au 21 octobre 2026, la troisième édition de la Conférence des ports africains (COPAF 2026), consacrée à l’intelligence artificielle, à la cybersécurité et à la modernisation des infrastructures portuaires. Cette rencontre réunit les acteurs du secteur maritime autour des enjeux de compétitivité, de sécurité numérique et d’intégration logistique à l’échelle du continent.
L’intelligence artificielle au service de la performance portuaire
La transformation numérique des infrastructures portuaires africaines s’impose comme un enjeu stratégique pour accompagner l’évolution des échanges commerciaux internationaux. À Casablanca, la troisième édition de la Conférence des ports africains met l’accent sur les solutions technologiques susceptibles d’améliorer la performance des plateformes maritimes du continent.
Placée sous le thème « Port africain intelligent : intelligence artificielle et cybersécurité au service de la performance », la COPAF 2026 intervient dans un contexte marqué par la croissance des flux commerciaux, la complexification des chaînes logistiques et la concurrence entre les grands hubs portuaires internationaux.
Les discussions portent notamment sur l’automatisation des opérations, la gestion intelligente des flux de marchandises et l’optimisation des activités des terminaux. L’objectif est de favoriser l’adoption de technologies capables d’améliorer la productivité, de fluidifier les opérations et de renforcer la compétitivité des ports africains.
La cybersécurité, un enjeu majeur pour les infrastructures maritimes
L’intégration de l’intelligence artificielle et des outils numériques ouvre de nouvelles perspectives pour les opérateurs portuaires. Ces technologies peuvent contribuer à anticiper les variations du trafic maritime, à optimiser les opérations de manutention et à développer la maintenance prédictive des équipements.
Elles favorisent également une meilleure coordination entre les autorités portuaires, les armateurs, les transitaires et les opérateurs logistiques, en facilitant le partage des informations et la synchronisation des activités.
Toutefois, la numérisation croissante des infrastructures expose aussi les ports à des risques cybernétiques plus importants. Les systèmes d’information, les équipements connectés et les plateformes de gestion des opérations doivent être protégés afin de garantir la continuité des activités et de limiter les conséquences d’éventuelles attaques.
La cybersécurité devient ainsi une composante essentielle de la stratégie de modernisation portuaire. Le renforcement des dispositifs de protection, la préparation aux incidents et le développement de mécanismes de résilience figurent parmi les conditions nécessaires à une transition numérique durable.
Le Maroc renforce son positionnement portuaire en Afrique
L’organisation de la COPAF 2026 à Casablanca s’inscrit dans la dynamique de développement des infrastructures maritimes du Maroc. Le port de Tanger Med, devenu une plateforme majeure des échanges internationaux, illustre les ambitions du Royaume en matière de connectivité, de logistique et d’intégration aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette dynamique se prolonge avec les projets structurants de Nador West Med et de Dakhla Atlantique, appelés à renforcer les capacités portuaires du pays et à accompagner le développement des échanges commerciaux.
L’expérience marocaine en matière d’infrastructures et de connectivité maritime offre ainsi un cadre de réflexion pour les acteurs africains qui cherchent à moderniser leurs équipements et à améliorer l’efficacité de leurs plateformes portuaires.
Au-delà des investissements matériels, la performance de ces infrastructures dépend également de la capacité à intégrer les nouvelles technologies, à adapter les procédures opérationnelles et à renforcer les compétences des professionnels du secteur.
Formation et interopérabilité au cœur de la transformation numérique
La modernisation des ports africains ne repose pas uniquement sur l’acquisition d’équipements technologiques. Elle nécessite aussi des investissements dans la formation, le développement des compétences et l’interopérabilité des systèmes informatiques utilisés par les différents intervenants de la chaîne logistique.
La digitalisation des procédures peut notamment contribuer à réduire les délais de traitement des marchandises, à améliorer la traçabilité des opérations et à renforcer la transparence des échanges entre les acteurs publics et privés.
Pour atteindre ces objectifs, les ports doivent pouvoir s’appuyer sur des systèmes capables de communiquer entre eux, tout en garantissant la sécurité et la fiabilité des données. Cette approche est essentielle pour fluidifier les échanges d’informations et améliorer la coordination entre les différentes étapes du transport maritime.
Des ports plus performants pour accélérer les échanges intra-africains
Les enjeux abordés lors de la COPAF 2026 dépassent la seule modernisation technologique des infrastructures. La performance portuaire constitue également un levier important pour renforcer les échanges commerciaux entre les pays africains.
Dans la perspective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’amélioration de la fluidité logistique peut contribuer à réduire les coûts de transport, à faciliter la circulation des marchandises et à soutenir l’intégration des chaînes de valeur régionales.
Les ports sont appelés à jouer un rôle central dans cette évolution, en assurant une meilleure connexion entre les marchés africains et les grandes routes commerciales internationales.
En réunissant les acteurs du secteur maritime autour de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et de l’innovation, la Conférence des ports africains contribue ainsi à la réflexion sur l’avenir des infrastructures portuaires du continent. L’enjeu consiste désormais à transformer les opportunités technologiques en gains concrets de performance, de sécurité et de compétitivité.
