Les importations maritimes marocaines de produits pétroliers ont augmenté de 9 % au cours des neuf premiers mois de 2026, pour atteindre une moyenne de 271 000 barils par jour. Cette progression s’accompagne d’une évolution des circuits d’approvisionnement, marquée notamment par la place croissante des États-Unis parmi les fournisseurs du Royaume.
Dans un contexte international caractérisé par la volatilité des marchés énergétiques et les incertitudes géopolitiques, la sécurisation des approvisionnements en hydrocarbures demeure un enjeu majeur pour l’économie marocaine. Les transports, l’industrie, l’agriculture et la logistique figurent parmi les secteurs les plus concernés par les variations des prix et la disponibilité des carburants.
Les importations de produits pétroliers en hausse de 9 %
Entre janvier et septembre 2026, les volumes de produits pétroliers acheminés par voie maritime vers le Maroc ont atteint une moyenne de 271 000 barils par jour, soit une progression de 9 % par rapport à la même période de 2025.
Cette hausse souligne l’importance persistante des hydrocarbures dans le fonctionnement de l’économie nationale. Malgré le développement des énergies renouvelables, les carburants continuent de jouer un rôle essentiel dans le transport des marchandises, les activités industrielles et les opérations logistiques.
L’augmentation des volumes importés ne signifie toutefois pas nécessairement que la consommation nationale a progressé dans les mêmes proportions. Les variations des stocks, les calendriers de livraison et les changements dans les stratégies d’achat des opérateurs peuvent également influencer les quantités acheminées par voie maritime.
L’évolution de ces importations constitue néanmoins un indicateur important pour suivre les besoins énergétiques du Royaume et apprécier les contraintes auxquelles sont confrontés les acteurs économiques.
Les États-Unis gagnent du terrain parmi les fournisseurs du Maroc
La progression des importations pétrolières s’accompagne d’une diversification des sources d’approvisionnement, avec une place croissante accordée aux États-Unis.
Cette évolution peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment les prix proposés sur les marchés internationaux, la disponibilité des produits pétroliers et les stratégies commerciales des importateurs. La diversification des fournisseurs permet aux opérateurs de disposer de davantage d’options pour sécuriser leurs achats et s’adapter aux fluctuations de l’offre mondiale.
Dans un environnement marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes sur les marchés énergétiques, la multiplication des sources d’approvisionnement constitue un moyen de limiter l’exposition aux perturbations susceptibles d’affecter certaines routes commerciales ou certains fournisseurs.
L’évolution des partenariats commerciaux ne suffit cependant pas, à elle seule, à mesurer le niveau de sécurité énergétique du Maroc. Celui-ci dépend également des capacités de stockage, des infrastructures portuaires, de la fiabilité des livraisons et de la maîtrise des coûts d’approvisionnement.
La facture énergétique reste un enjeu pour la compétitivité
Les variations des prix du pétrole ont des répercussions directes sur les coûts supportés par les entreprises marocaines. Le transport routier, la distribution des marchandises et plusieurs activités industrielles dépendent fortement de la disponibilité des carburants.
Une hausse des cours internationaux peut ainsi renchérir les coûts logistiques et peser sur les marges des entreprises, avec des effets possibles sur les prix de nombreux biens et services.
Pour les opérateurs économiques, la visibilité sur les conditions d’approvisionnement et l’évolution des prix constitue donc un élément important dans la planification des investissements et la gestion des dépenses.
La maîtrise de la facture énergétique représente également un enjeu macroéconomique, puisque les achats de produits pétroliers à l’étranger pèsent sur les importations du Royaume et rendent l’économie sensible aux fluctuations des cours mondiaux.
Transition énergétique : le Maroc face à un défi de long terme
En parallèle de ses besoins en hydrocarbures, le Maroc poursuit le développement de ses capacités de production d’électricité à partir de sources renouvelables, notamment l’énergie solaire et éolienne.
Cette orientation contribue à diversifier le bouquet énergétique national et à réduire progressivement la dépendance aux combustibles fossiles pour la production électrique. Toutefois, la diminution des importations de produits pétroliers dépend aussi de l’évolution de la mobilité, de l’électrification des transports, de l’efficacité énergétique et des besoins des différents secteurs économiques.
Le renforcement des infrastructures de stockage et l’amélioration des installations portuaires peuvent également contribuer à sécuriser les approvisionnements et à mieux absorber les variations de la demande.
L’enjeu consiste ainsi à répondre aux besoins énergétiques immédiats tout en préparant une transformation progressive du modèle énergétique national.
Sécuriser les approvisionnements et réduire la dépendance extérieure
La hausse de 9 % des importations maritimes de produits pétroliers au cours des neuf premiers mois de 2026 met en évidence l’importance des hydrocarbures pour l’économie marocaine. Elle souligne également la nécessité de concilier la continuité des approvisionnements, la maîtrise des coûts et la diversification des sources d’énergie.
À moyen terme, la combinaison d’une stratégie d’approvisionnement diversifiée, de capacités de stockage adaptées et d’investissements dans l’efficacité énergétique pourrait contribuer à renforcer la résilience de l’économie nationale.
Pour le Maroc, la sécurité énergétique repose ainsi sur deux priorités complémentaires : garantir la disponibilité des produits nécessaires au fonctionnement de l’économie et accélérer la transition vers un système moins exposé aux fluctuations des marchés internationaux.
