Stellantis a enregistré une hausse de ses livraisons de véhicules au Maroc au troisième trimestre 2026, à contre-courant de la tendance observée dans la région Moyen-Orient et Afrique. Sur cette zone, le constructeur automobile a vu ses volumes reculer de 21 % sur un an, à 75 000 véhicules, contre 95 000 durant la même période de 2025. Le groupe n’a toutefois pas communiqué les chiffres précis de la progression enregistrée sur le marché marocain.
Le Maroc résiste à la baisse des volumes régionaux
Dans ses résultats publiés le 13 octobre, Stellantis souligne que la hausse des facturations en Algérie et au Maroc a plus que compensé le recul enregistré dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, où l’activité automobile a été affectée par les tensions régionales.
Cette évolution favorable au Maroc intervient dans un contexte de contraction des livraisons du groupe au Moyen-Orient et en Afrique. Sur un an, les volumes de cette région ont diminué d’environ 20 000 véhicules.
Le constructeur n’a précisé ni le nombre d’unités livrées au Maroc entre juillet et septembre, ni le taux de progression correspondant. Les données publiées permettent néanmoins de constater que le marché marocain a contribué, avec l’Algérie, à limiter le recul régional.
La Turquie pèse sur les résultats du groupe
La baisse des volumes au Moyen-Orient et en Afrique s’explique principalement par la situation du marché turc. Stellantis y a enregistré une diminution d’environ 21 000 véhicules facturés par rapport au troisième trimestre de 2025.
Le groupe attribue ce recul à la dégradation du marché local et à la réduction des livraisons de véhicules importés. Cette évolution intervient avant le démarrage, annoncé pour octobre, de la fabrication locale de petits véhicules utilitaires.
Les difficultés rencontrées en Turquie ont ainsi pesé sur les performances de la région, malgré la progression des facturations au Maroc et en Algérie.
Des livraisons qui ne correspondent pas aux immatriculations
Les chiffres communiqués par Stellantis concernent les véhicules neufs facturés aux concessionnaires, aux distributeurs ou directement aux clients particuliers et professionnels. Cet indicateur mesure les livraisons commerciales du constructeur, mais ne correspond pas nécessairement aux immatriculations définitives sur chaque marché.
Il ne permet pas non plus de déterminer le nombre de véhicules fabriqués au Maroc ou les volumes exportés depuis l’usine de Kénitra. La progression annoncée concerne donc les livraisons commerciales sur le marché marocain, sans fournir de mesure directe de la production industrielle locale.
Cette distinction est importante pour analyser la performance du constructeur au Maroc, où les activités commerciales et industrielles occupent des places complémentaires dans son organisation.
Une tendance favorable déjà observée au deuxième trimestre
La progression des livraisons au Maroc n’est pas nouvelle. Dans ses résultats du deuxième trimestre, publiés en juillet, Stellantis avait déjà signalé une hausse des facturations sur le marché national, portée par l’amélioration de l’activité locale.
Sur la même période, les volumes du groupe au Moyen-Orient et en Afrique avaient diminué de 3 %, soit environ 4 000 véhicules. La progression enregistrée en Algérie, où les livraisons avaient augmenté d’environ 8 000 unités grâce à la montée en cadence de la production de la Fiat Doblò, avait contribué à atténuer ce recul.
Ces évolutions successives confirment le rôle des marchés marocain et algérien dans les performances régionales de Stellantis, même si les chiffres détaillés par pays restent nécessaires pour mesurer précisément leur contribution.
Kénitra, un pilier industriel de Stellantis au Maroc
Le Maroc occupe une place importante dans l’organisation industrielle de Stellantis au Moyen-Orient et en Afrique. Aux côtés de la Turquie et de l’Algérie, le Royaume figure parmi les principaux pôles de production du groupe dans cette zone géographique.
L’usine de Kénitra constitue l’un des éléments centraux de cette présence. Elle produit notamment des véhicules et des solutions de mobilité de petite taille, destinés au marché national et à l’exportation.
La hausse des livraisons sur le marché marocain ne doit toutefois pas être confondue avec une augmentation de la production de l’usine. Les résultats trimestriels publiés par le groupe ne précisent pas l’évolution de la fabrication locale ni celle des exportations depuis le site marocain.
Les livraisons mondiales reculent légèrement
À l’échelle mondiale, Stellantis a estimé ses livraisons consolidées à 1,286 million de véhicules au troisième trimestre 2026, contre 1,3 million un an auparavant. Le recul atteint ainsi environ 1 %, soit près de 14 000 unités.
Cette évolution résulte principalement de la baisse des volumes en Amérique du Nord et au Moyen-Orient et en Afrique. La progression enregistrée en Europe a partiellement compensé ces difficultés.
En Europe élargie, les livraisons ont progressé de 10 %, à 588 000 véhicules, soit 54 000 unités supplémentaires. Le groupe attribue notamment cette performance aux modèles électriques et au lancement de nouvelles petites voitures. Les véhicules de Leapmotor, marque chinoise commercialisée dans le cadre d’une coentreprise contrôlée par Stellantis, ont représenté 44 000 unités, soit environ 34 000 de plus qu’un an auparavant.
En Amérique du Nord, les livraisons ont diminué de 12 %, à 357 000 véhicules, contre 404 000 au troisième trimestre de 2025. Stellantis relie principalement ce recul aux interruptions estivales de production prévues dans certaines usines, notamment pour les Jeep Grand Cherokee et Compass.
En Amérique du Sud, les volumes sont restés quasiment stables, à 251 000 véhicules contre 252 000 un an plus tôt. En Asie-Pacifique, ils ont reculé de 6 %, à 15 000 unités.
Dans ce contexte contrasté, le Maroc figure parmi les marchés ayant contribué à limiter le recul régional de Stellantis. L’absence de données détaillées sur les livraisons nationales ne permet cependant pas encore de quantifier précisément cette contribution.
