
Kénitra : un nouveau projet vise une production de 100 000 tonnes par an de matériaux pour batteries électriques

Kénitra s’apprête à renforcer son positionnement dans l’industrie des batteries pour véhicules électriques au Maroc. PowerCo, filiale du groupe allemand Volkswagen dédiée aux activités liées aux batteries, a annoncé un projet commun avec le chinois Gotion High-Tech pour produire du phosphate de fer et de lithium (LFP), avec une capacité pouvant atteindre 100 000 tonnes par an.
Ce projet vient compléter un écosystème industriel en développement au Maroc, alors que les investissements s’étendent progressivement de la production automobile et des composants vers les activités liées à la mobilité électrique, notamment les batteries et les matériaux nécessaires à leur fabrication.
Selon des informations rapportées par Asharq Bloomberg citant un porte-parole de PowerCo, le projet sera implanté dans la zone industrielle de Kénitra, dans le cadre d’un partenariat de long terme. PowerCo détiendra 49 % du projet, contre 51 % pour Gotion High-Tech, les deux partenaires assurant conjointement sa gestion.
Le porte-parole a précisé que ce projet est indépendant des autres investissements développés par Gotion à Kénitra. La majeure partie de la production de matériaux cathodiques devrait être destinée aux besoins des projets communs des deux groupes à Valence, en Espagne, et à Šurany, en Slovaquie.
L’annonce intervient alors que Gotion High-Tech prépare d’importants investissements à Kénitra, dont la valeur globale annoncée atteint environ 6,5 milliards de dollars. Le projet figure parmi les plus importants programmes dédiés aux batteries automobiles en Afrique et au Moyen-Orient.
La première phase de ce programme devrait entrer en production avant la fin de l’année, renforçant ainsi le rôle de Kénitra dans la chaîne de valeur de la mobilité électrique, des matériaux et composants de batteries jusqu’aux produits finis.
PowerCo explique notamment le choix du Maroc par la présence déjà établie de Gotion High-Tech à Kénitra. Le partenariat pourra ainsi s’appuyer sur les infrastructures et les compétences industrielles existantes, tout en bénéficiant de la compétitivité du Royaume et de sa proximité avec les marchés européens et les principaux pôles automobiles et industriels du continent.
Cette coopération s’inscrit également dans le cadre du partenariat stratégique entre Gotion High-Tech et Volkswagen, établi depuis 2020. Le constructeur allemand détient par ailleurs une participation dans le fabricant chinois de batteries.
PowerCo n’a pas communiqué séparément le montant de son investissement dans le nouveau projet de Kénitra. Le groupe allemand avait toutefois indiqué que sa contribution aux projets de Kénitra et de Šurany atteindrait environ 470 millions d’euros d’ici 2030, pour une participation pouvant aller jusqu’à 49 %, sans préciser la répartition de ce montant entre les deux sites.
Créée en 2022, PowerCo est une filiale détenue à 100 % par Volkswagen. Elle a été mise en place pour développer les activités du groupe dans le domaine des batteries et construire une présence intégrée sur l’ensemble de leur chaîne de valeur.
Le nouveau projet marocain s’inscrit dans une dynamique plus large d’investissements, notamment chinois, dans le secteur des batteries et de leurs composants. Le Maroc cherche ainsi à développer un écosystème industriel complet autour de la mobilité électrique.
Parmi les principaux projets figurent notamment COBCO à Jorf Lasfar, ainsi que les investissements de HAILIANG, SHINZOOM et BTR Group, présents à différents niveaux de la chaîne de production des batteries.
Ces projets couvrent notamment la production de matériaux cathodiques et anodiques, la fabrication d’électrodes et de cellules de batteries, ainsi que le recyclage des matériaux usagés. Ils illustrent l’élargissement progressif de l’industrie marocaine, traditionnellement axée sur la production automobile et ses composants, vers de nouveaux segments liés à la transition vers les véhicules électriques.
Le Maroc s’appuie dans cette dynamique sur une base industrielle automobile déjà solide, avec une capacité de production dépassant un million de véhicules par an, ainsi que sur sa proximité avec le marché européen, son réseau portuaire et ses infrastructures logistiques.
Avec la multiplication des investissements dans le secteur des batteries, Kénitra et Jorf Lasfar se positionnent progressivement comme deux pôles majeurs de cette industrie. Cette évolution pourrait permettre au Maroc de renforcer sa chaîne de valeur locale, depuis les matériaux et composants de batteries jusqu’aux véhicules électriques, tout en consolidant sa place dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de la mobilité électrique.






















