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IMC 2026 : le Maroc accueille le débat sur l’avenir des minerais et de l’industrie en Afrique

Les travaux de la troisième édition de l’International Mining Conference Morocco (IMC 2026) ont débuté ce mardi 6 octobre à Rabat, réunissant responsables publics, opérateurs miniers, investisseurs et experts du Maroc, d’Afrique et d’ailleurs autour de l’avenir des minerais critiques et stratégiques et de leur rôle dans le développement industriel du continent.

Organisée jusqu’au 8 octobre sous le thème « Vers une nouvelle ère industrielle : l’Afrique, pôle intégré de transformation des minerais critiques et stratégiques », cette édition intervient dans un contexte marqué par l’importance croissante des ressources minières pour la transition énergétique, les nouvelles technologies et la transformation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

La rencontre met notamment l’accent sur la nécessité de dépasser une approche limitée à l’extraction des ressources pour développer davantage de transformation locale, de valeur ajoutée et de chaînes industrielles intégrées en Afrique.

Le Maroc met en avant ses réformes dans le secteur minier

Prenant la parole lors de cette rencontre, Leïla Benali, ministre marocaine de la Transition énergétique et du Développement durable, a souligné que l’IMC 2026 constitue une occasion de revenir sur les réformes engagées ces dernières années dans les secteurs minier et minéral au Maroc.

La ministre a également rappelé la dynamique engagée depuis l’adoption de la « Déclaration de Marrakech » lors de l’édition précédente du forum. Cette démarche a, selon elle, permis au Maroc de renforcer ses échanges avec plus de 40 pays africains dans le domaine minier et de travailler sur un cadre destiné à stimuler les investissements dans le secteur et dans les industries qui l’accompagnent.

Leïla Benali a notamment cité l’exemple de Jerada, ancienne ville minière marquée par l’exploitation du charbon et confrontée à plusieurs contraintes sociales et économiques.

Elle a indiqué que plusieurs coopératives de charbon ont pu évoluer vers des structures et des entreprises opérant aujourd’hui dans le secteur. Une expérience que le Maroc entend également présenter à ses partenaires africains et à la communauté internationale comme l’un des résultats des réformes engagées au cours des cinq dernières années.

La ministre a par ailleurs relevé l’impact de ces transformations dans plusieurs territoires, notamment à Jerada et dans la région de Drâa-Tafilalet, tout en mettant l’accent sur la volonté de renforcer les partenariats du Maroc aux niveaux africain et international.

Les professionnels du secteur misent sur la transformation

Cette dynamique est également portée par les représentants de l’industrie minérale marocaine. Abderrazak Gmira, vice-président général de la Fédération de l’Industrie Minérale (FDIM), a participé aux échanges autour des perspectives du secteur et des enjeux liés à son évolution dans le contexte africain et international.

Sa participation traduit l’implication des acteurs professionnels dans les discussions consacrées au développement du secteur minier, à la transformation des ressources et au renforcement des perspectives d’investissement et de coopération.

À travers les différents échanges du forum, les acteurs du secteur mettent ainsi en avant l’importance d’une approche permettant de rapprocher davantage l’exploitation minière des activités industrielles qui lui sont liées, avec pour objectif de renforcer la valeur ajoutée créée localement.

Miser sur la valeur ajoutée locale en Afrique

Pour sa part, Mehdi Tazi, représentant de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a insisté sur le contexte international dans lequel se tient cette troisième édition du forum.

Selon lui, les minerais stratégiques occupent désormais une place croissante dans les enjeux économiques et industriels mondiaux. Il a rappelé qu’environ 30 % de ces minerais se trouvent en Afrique, faisant de la valorisation de ces ressources un enjeu majeur pour le continent.

L’objectif, a-t-il expliqué, est d’augmenter la production locale mais également de développer davantage de valeur ajoutée au niveau africain, au lieu de limiter l’exploitation des ressources à l’extraction et à l’exportation.

Cette dynamique doit également permettre, selon Mehdi Tazi, de créer davantage d’emplois sur le continent et de développer des chaînes de valeur liées aux ressources minières.

Dans ce cadre, il estime que le Maroc dispose d’un rôle à jouer grâce à ses infrastructures et à son expérience dans le secteur. Ces acquis pourraient, selon lui, contribuer à développer des partenariats avec les pays africains afin de faire progresser le secteur sur la base d’une coopération équilibrée.

Le Sénégal et le Gabon soulignent l’enjeu africain

L’édition 2026 de l’IMC réunit également plusieurs responsables africains, parmi lesquels Sosthène Nguema Nguema, ministre des Mines et des Ressources géologiques du Gabon, et Cheikhou Oumar Seck, ministre des Mines et de la Géologie du Sénégal.

Dans leurs interventions officielles, les deux responsables ont mis l’accent sur l’importance des ressources minières et sur la place que l’Afrique est appelée à occuper dans leur développement et leur valorisation.

Leur participation illustre la dimension continentale prise par le rendez-vous de Rabat, dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer leur capacité à valoriser leurs ressources et à développer davantage d’activités liées au secteur minier.

Au-delà de l’exploitation des ressources, les échanges de l’IMC 2026 portent ainsi sur les moyens de développer des chaînes de valeur intégrées, d’attirer les investissements dans la transformation et le raffinage, et de renforcer les capacités technologiques et humaines du continent.

De l’extraction à la transformation

Le passage d’un modèle centré sur l’extraction des minerais vers une logique davantage axée sur leur transformation constitue l’un des principaux axes de cette édition.

Le programme de l’IMC 2026 aborde notamment l’exploration et les technologies minières, la transformation et le raffinage, le financement des projets, les cadres juridique et fiscal, ainsi que les enjeux environnementaux et le développement des compétences.

Plusieurs acteurs majeurs du secteur prennent part à cette édition, dont le Groupe OCP, Managem, la Compagnie Minière de Touissit (CMT), Aya Gold & Silver et l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), aux côtés d’entreprises spécialisées, d’institutions, d’experts et d’investisseurs.

Le forum prévoit également des rencontres professionnelles et des réunions bilatérales entre les différents acteurs du secteur.

Cette troisième édition intervient dans le prolongement de la « Déclaration de Marrakech » adoptée en 2025, qui avait notamment mis l’accent sur les critères environnementaux et sociaux ainsi que sur la gouvernance du secteur minier.

À Rabat, les discussions placent désormais la transformation locale, la création de valeur et les partenariats africains au cœur des enjeux liés aux minerais critiques et stratégiques, alors que le continent cherche à mieux valoriser ses ressources et à renforcer sa place dans les nouvelles chaînes industrielles mondiales.

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