
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) revoit à la hausse ses perspectives pour l’économie marocaine. Dans ses dernières prévisions publiées le 24 septembre, l’institution table désormais sur une croissance de 4,8 % en 2026, contre 4,4 % dans son estimation de juin.
Pour 2027, la BERD se montre légèrement plus prudente et ramène sa prévision de 4 % à 3,9 %. L’institution estime par ailleurs que la croissance marocaine a atteint 4,9 % en 2025 et 4,6 % au premier semestre 2026.
Le rebond agricole soutient l’activité
La révision à la hausse pour 2026 s’explique principalement par le redressement du secteur agricole après plusieurs années marquées par la sécheresse. Au premier trimestre, la production agricole a progressé de 18,4 % sur un an, contribuant à compenser le ralentissement enregistré dans certaines branches de l’économie.
Au cours des trois premiers mois de l’année, le PIB marocain a progressé de 4,6 % sur un an, contre 5 % un an auparavant. La BERD relève notamment un ralentissement des dépenses d’investissement après une période durant laquelle celles-ci avaient atteint des niveaux exceptionnellement élevés.
L’institution souligne toutefois que la dynamique agricole a été accompagnée par une activité moins soutenue dans l’industrie et la construction, ce qui limite l’ampleur de la reprise dans certains segments de l’économie.
Le déficit courant reste contenu
Sur le plan extérieur, le déficit des échanges de biens s’est accentué au premier trimestre. Le déficit du compte courant est néanmoins resté limité à 1,2 % du PIB, les recettes touristiques et les transferts des Marocains résidant à l’étranger ayant contribué à compenser l’élargissement du déficit commercial.
Les réserves officielles atteignaient 54,3 milliards de dollars en août, soit l’équivalent d’environ 5,3 mois d’importations.
L’inflation est également restée modérée. Elle s’est établie en moyenne à 0,5 % sur un an entre janvier et juin, malgré un épisode temporaire de hausse lié aux prix de l’énergie.
De son côté, Bank Al-Maghrib avait maintenu son taux directeur à 2,25 % en juin.
Des finances publiques sous surveillance
Dans ses projections, la BERD reprend également les objectifs affichés par le gouvernement marocain pour 2026. Ceux-ci reposent sur un déficit budgétaire de 3,4 % du PIB et une dette publique ramenée à 65,8 % du PIB, contre 66,6 % en 2025.
Ces perspectives s’inscrivent dans un contexte où les autorités cherchent à accompagner l’investissement et la reprise économique tout en poursuivant progressivement la réduction du déficit et du niveau d’endettement public.
Une performance qui contraste avec la région
La nouvelle prévision concernant le Maroc contraste avec celle de la BERD pour l’ensemble de la région de la Méditerranée méridionale et orientale. L’institution prévoit pour cette zone une contraction de 0,7 % en 2026, principalement en raison de la forte dégradation attendue de l’économie irakienne après la chute de ses exportations pétrolières.
Hors Irak, les perspectives régionales sont nettement différentes, avec une croissance moyenne attendue de 3,9 % en 2026 et de 4,3 % en 2027. La BERD a également relevé sa prévision pour la Tunisie, notamment en raison de l’amélioration de sa production agricole.
À l’échelle de l’ensemble des économies dans lesquelles elle intervient, la BERD anticipe une croissance de 2,5 % en 2026, puis de 4 % en 2027.
Les matières premières et le commerce mondial restent des risques
Malgré la révision à la hausse, la BERD identifie plusieurs facteurs susceptibles d’affecter la trajectoire de croissance du Maroc. L’institution cite notamment la volatilité des prix des matières premières et l’incertitude liée à l’évolution des politiques commerciales à l’échelle mondiale.
La performance agricole devrait ainsi rester un élément important des perspectives à court terme, tandis que l’évolution de l’industrie, de la construction, de l’investissement et de la demande extérieure continuera de peser sur le rythme global de l’économie marocaine.


















