
Les importations marocaines de drêches de distillerie américaines poursuivent leur progression. Sur les onze premiers mois de la campagne 2025-2026, le Royaume a réceptionné 240.945 tonnes de drêches de distillerie séchées avec solubles (DDGS), soit une hausse de 10% sur un an. Sur l’année civile, la progression est encore plus marquée, avec une augmentation de 24% entre janvier et juillet 2026.
Cette évolution intervient alors que les prix des DDGS repartent à la hausse sur le marché américain, tandis que les coûts du fret entre le golfe du Mexique et les ports marocains restent relativement stables.
Les importations marocaines atteignent un nouveau sommet
Entre septembre 2025 et juillet 2026, les exportations américaines de DDGS vers le Maroc ont atteint 240.945 tonnes, contre 218.964 tonnes sur la même période de la campagne précédente. Cela représente une augmentation de 21.981 tonnes.
Le volume enregistré sur les onze premiers mois dépasse déjà celui de l’ensemble de la campagne 2025, qui s’était établie à 224.595 tonnes. Avec encore un mois de campagne à comptabiliser, le Maroc atteint ainsi son meilleur niveau depuis 2022.
La tendance est également visible sur l’année civile. Entre janvier et juillet 2026, les achats marocains ont atteint 198.418 tonnes, contre 160.010 tonnes un an auparavant, soit 38.408 tonnes supplémentaires.
Le total enregistré sur l’ensemble de 2025, soit 208.168 tonnes, devrait donc être dépassé avant la fin de l’été. Si le rythme actuel se maintient, le niveau record de 2023, établi à 283.069 tonnes, pourrait de nouveau être approché.
Le Maroc, un débouché majeur en Afrique et dans le monde arabe
Les DDGS sont un coproduit de la production d’éthanol. Riches en protéines et en matières grasses, elles sont notamment utilisées dans l’alimentation animale comme substitut partiel au tourteau de soja dans les rations destinées aux élevages avicoles et bovins.
Au Maroc, la progression des importations accompagne notamment la reconstitution des cheptels après plusieurs années de sécheresse, ainsi que la pression persistante exercée par le coût des aliments composés.
Avec 240.945 tonnes importées sur les onze premiers mois de la campagne, le Maroc se classe au 14e rang des clients mondiaux des DDGS américaines. Il devance notamment l’Espagne, avec 173.744 tonnes, et les Philippines, à 170.977 tonnes.
À l’échelle africaine et arabe, le Royaume figure également parmi les principaux débouchés. Les importations égyptiennes atteignent 103.913 tonnes, en hausse de 8%, tandis que celles de la Tunisie passent de 7.360 à 32.388 tonnes, soit une progression de 340%, en grande partie liée à un niveau de comparaison particulièrement faible en 2025.
Le Maroc représente ainsi un peu plus de 2% des expéditions américaines mondiales de DDGS, qui ont progressé de 7% pour atteindre 11,21 millions de tonnes sur les onze premiers mois de la campagne.
L’Asie du Sud-Est tire la demande mondiale
Le marché mondial des DDGS américaines connaît lui aussi une recomposition géographique. Le Mexique reste de loin le premier débouché avec 2,17 millions de tonnes, devant la Corée du Sud avec 1,39 million et le Vietnam avec 1,16 million.
La progression la plus spectaculaire est toutefois enregistrée en Indonésie. Les achats du pays bondissent de 79% pour atteindre 1,36 million de tonnes. L’augmentation de 602.507 tonnes enregistrée sur ce marché représente à elle seule un volume supérieur à la progression globale des exportations américaines sur la période.
À l’inverse, les ventes américaines vers la Chine se sont quasiment effondrées, passant à seulement 5.346 tonnes sur la campagne, contre 346.901 tonnes en 2022, soit une baisse de 95%.
Les exportations reculent également vers l’Irlande, la Colombie et la Thaïlande. Le marché mondial se réorganise ainsi autour de plusieurs grands pôles, avec une demande particulièrement dynamique en Asie du Sud-Est et une présence soutenue sur les marchés méditerranéens, notamment marocain.
Les prix des DDGS repartent à la hausse
Sur le marché américain, les prix FOB au départ du golfe du Mexique atteignent actuellement 304 dollars la tonne pour les échéances d’octobre et novembre et 303 dollars pour décembre. Ces niveaux constituent les plus élevés depuis le printemps 2023.
En parallèle, la cotation des barges CIF Nouvelle-Orléans s’établit à 290 dollars la tonne sur les trois échéances.
Le différentiel avec le tourteau de soja s’est légèrement réduit, à 147 dollars la tonne contre 150 dollars une semaine auparavant. Cette évolution réduit quelque peu l’avantage relatif des DDGS dans les formulations alimentaires.
À l’inverse, l’écart avec le maïs s’est nettement creusé, atteignant 57,75 dollars la tonne, contre 39,39 dollars une semaine auparavant. Le maïs FOB golfe est coté à 246,25 dollars, tandis que le tourteau de soja atteint 451 dollars la tonne.
Le fret vers le Maroc reste stable
Sur la liaison entre le golfe du Mexique et le Maroc, le coût du fret reste fixé à 45,50 dollars la tonne pour des cargaisons de 30.000 tonnes, sans changement par rapport au relevé précédent.
Ce niveau demeure supérieur au taux appliqué à l’Algérie, établi à 41,50 dollars la tonne, et à celui de l’Égypte, à 44,75 dollars. Les écarts s’expliquent notamment par la taille des cargaisons, les volumes de référence atteignant 50.000 tonnes pour l’Algérie et entre 55.000 et 60.000 tonnes pour l’Égypte.
Sur la base d’un coût d’environ 350 dollars la tonne rendue, les volumes importés par le Maroc depuis le début de la campagne représentent une facture indicative proche de 84 millions de dollars, hors frais de déchargement et de mise à quai.



















