Le Maroc s’est hissé en août 2026 au premier rang des destinations des exportations espagnoles de produits pétroliers, avec un volume de 271 000 tonnes, selon les données de la Corporation des réserves stratégiques de produits pétroliers (CORES), l’organisme public espagnol chargé notamment du suivi des approvisionnements en hydrocarbures.
Ce volume représente près de 16 % des 1,698 million de tonnes de produits pétroliers exportées par l’Espagne vers les marchés étrangers au cours du mois. Le Royaume devance ainsi la France, qui a reçu 207 000 tonnes, et le Portugal, avec 186 000 tonnes.
Cette performance confirme l’importance du marché marocain pour les exportateurs espagnols d’hydrocarbures, dans un contexte marqué par une progression mensuelle des livraisons, particulièrement celles de gazole.
Les exportations espagnoles vers le Maroc bondissent de 50,6 %
Les expéditions de produits pétroliers espagnols vers le Maroc ont progressé de 50,6 % entre juillet et août 2026, passant de 180 000 à 271 000 tonnes. Cette augmentation représente 91 000 tonnes supplémentaires en un mois.
Le volume enregistré en août constitue le niveau mensuel le plus élevé depuis le début de l’année, dépassant les 234 000 tonnes de février et les 229 000 tonnes d’avril.
Le gazole occupe une place prépondérante dans ces échanges. Avec 161 000 tonnes livrées au Maroc, il représente 59,4 % du total des produits pétroliers expédiés vers le Royaume durant le mois.
À lui seul, le marché marocain a absorbé 24,2 % des 666 000 tonnes de gazole exportées par l’Espagne vers l’ensemble de ses destinations en août. La France arrive loin derrière, avec 108 000 tonnes, suivie du Portugal, avec 94 000 tonnes.
Les livraisons de gazole augmentent de 94 % en un mois
La forte progression du gazole explique l’essentiel de la hausse mensuelle des exportations espagnoles vers le Maroc. Les volumes sont passés de 83 000 tonnes en juillet à 161 000 tonnes en août, soit une augmentation de 78 000 tonnes, équivalant à 94 %.
Les autres produits pétroliers exportés vers le Royaume comprennent notamment 38 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfiés, 18 000 tonnes d’essence, 6 000 tonnes de kérosène, 12 000 tonnes de fioul et 36 000 tonnes d’autres produits pétroliers.
Les statistiques de CORES intègrent également les biocarburants dans les catégories de l’essence et du gazole.
Cette évolution traduit une progression particulièrement marquée de la demande marocaine en gazole espagnol au cours du mois d’août, même si les volumes globaux restent inférieurs à ceux enregistrés un an auparavant.
Un recul annuel malgré la hausse du gazole
En août 2025, les exportations espagnoles de produits pétroliers vers le Maroc avaient atteint 281 000 tonnes, contre 271 000 tonnes en août 2026. Le volume global a donc diminué de 3,6 % sur un an.
Cette baisse masque toutefois des évolutions contrastées selon les catégories de produits. Les livraisons de gazole ont augmenté de 43,8 %, passant de 112 000 à 161 000 tonnes.
À l’inverse, les exportations d’essence ont reculé de 49 000 à 18 000 tonnes. Les volumes de gaz de pétrole liquéfiés sont passés de 44 000 à 38 000 tonnes, tandis que les livraisons de kérosène ont diminué de 17 000 à 6 000 tonnes et celles de fioul de 24 000 à 12 000 tonnes.
Les autres produits pétroliers ont légèrement progressé, passant de 35 000 à 36 000 tonnes.
Malgré le recul du volume total, la part du Maroc dans les exportations espagnoles de produits pétroliers a augmenté, passant de 13,7 % en août 2025 à près de 16 % en août 2026, soit un gain de 2,3 points de pourcentage.
Cette évolution s’explique notamment par la diminution des exportations espagnoles vers l’ensemble des destinations, dont le volume est passé de 2,050 millions de tonnes en août 2025 à 1,698 million de tonnes un an plus tard, soit un recul de 17,2 %.
En août 2025, les États-Unis occupaient la première place des destinations des produits pétroliers espagnols, avec 294 000 tonnes, devant le Maroc, qui en avait reçu 281 000.
Le Maroc reste le premier débouché espagnol sur huit mois
Sur les huit premiers mois de 2026, les exportations espagnoles de produits pétroliers vers le Maroc ont totalisé environ 1,666 million de tonnes, selon l’addition des volumes mensuels communiqués par CORES. Ce niveau reste inférieur aux 2,048 millions de tonnes enregistrées durant la même période de 2025, soit une diminution de 382 000 tonnes ou de 18,7 %.
Malgré ce recul, le Maroc conserve sa position de premier marché de destination des produits pétroliers espagnols sur la période considérée. Il devance le Portugal, avec 1,581 million de tonnes, et la France, avec 1,379 million de tonnes.
Les volumes mensuels destinés au marché marocain ont évolué de manière variable depuis le début de l’année : 141 000 tonnes en janvier, 234 000 en février, 217 000 en mars, 229 000 en avril, 175 000 en mai, 219 000 en juin, 180 000 en juillet et 271 000 en août.
Pour le seul gazole, les exportations vers le Maroc ont atteint 786 000 tonnes entre janvier et août 2026, contre 927 000 tonnes durant la même période de l’année précédente, soit une baisse de 15,2 %.
Les exportations espagnoles de produits pétroliers poursuivent leur recul
À l’échelle internationale, l’Espagne a exporté 12,156 millions de tonnes de produits pétroliers entre janvier et août 2026, contre 13,970 millions de tonnes au cours des huit premiers mois de 2025. Cette évolution correspond à une baisse de 13 %.
Dans ce contexte, la part du Maroc dans les exportations espagnoles cumulées est passée de 14,7 % à 13,7 %, malgré sa position de premier débouché en volume.
Les données publiées par CORES portent sur les quantités exportées par catégorie de produits et par pays de destination. Elles ne renseignent toutefois ni sur la valeur financière des transactions, ni sur l’identité des entreprises destinataires, ni sur les ports de déchargement.
Les chiffres témoignent ainsi de l’importance des échanges énergétiques entre l’Espagne et le Maroc, tout en soulignant la nécessité de distinguer la hausse ponctuelle observée en août de la tendance générale enregistrée depuis le début de l’année.
