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DigiTPME : le Maroc accélère la digitalisation des TPME

Après une phase pilote menée auprès de près de 300 très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) dans trois régions du Maroc, le projet DigiTPME s’apprête à franchir une nouvelle étape. Un appel à manifestation d’intérêt (AMI) vient d’être lancé pour sélectionner des partenaires régionaux chargés d’assurer le déploiement du dispositif à plus grande échelle.

Porté dans le cadre de la coopération maroco-allemande, ce programme vise à faciliter l’adoption des outils numériques par les entreprises marocaines, en leur proposant un accompagnement adapté à leurs besoins et à leur niveau de maturité digitale.

Les structures intéressées ont jusqu’au 26 octobre 2026 à 12 h pour déposer leur candidature via le formulaire en ligne prévu à cet effet.

Un programme de 5 millions d’euros pour les TPME marocaines

Le projet DigiTPME est mis en œuvre par l’Agence allemande pour la coopération internationale (GIZ), pour le compte du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, en partenariat avec le ministère marocain de la Transition numérique.

Doté d’un budget de 5 millions d’euros sur la période 2023-2027, le programme part d’un constat : les TPME représentent près de 95 % du tissu économique national, mais une grande partie d’entre elles n’exploitent pas encore pleinement les possibilités offertes par la transformation numérique.

Pour de nombreuses petites structures, la digitalisation reste perçue comme une dépense plutôt que comme un investissement susceptible d’améliorer leur productivité et leur compétitivité. À cela s’ajoutent des offres d’accompagnement qui ne répondent pas toujours aux contraintes et aux besoins spécifiques de ces entreprises.

Les travaux préparatoires du projet ont notamment identifié trois catégories d’obstacles. Les premiers sont culturels, avec une connaissance parfois limitée des bénéfices du numérique. Les deuxièmes sont technologiques, en raison de la complexité des solutions et du manque d’offres adaptées au contexte local. Les derniers sont financiers et commerciaux, notamment en raison du coût des outils et des incertitudes entourant leur rentabilité.

Quatre leviers pour accompagner la transformation digitale

Pour répondre à ces difficultés, DigiTPME propose un parcours de digitalisation structuré autour de quatre mécanismes complémentaires.

Le premier repose sur la sensibilisation des entreprises aux enjeux et aux opportunités du numérique. Le deuxième prévoit un accompagnement personnalisé permettant à chaque entreprise de construire sa propre feuille de route de transformation digitale, en fonction de ses priorités et de ses besoins.

Le troisième mécanisme facilite la mise en relation des TPME avec des entreprises technologiques capables de leur proposer des solutions adaptées. Enfin, le programme prévoit une aide à l’acquisition et à la mise en place d’une solution logicielle pendant un an, à condition que celle-ci réponde à un besoin identifié dans la feuille de route de l’entreprise.

Cette approche vise à éviter l’adoption de technologies inadaptées et à privilégier des outils répondant à des besoins opérationnels concrets.

Près de 300 entreprises accompagnées dans trois régions

La phase pilote a été menée avec les Centres régionaux d’investissement (CRI) de Fès-Meknès, de l’Oriental et de Marrakech-Safi. Environ 300 TPME ont été sélectionnées pour participer à un parcours d’accompagnement de dix-huit mois, assorti d’un dispositif d’évaluation.

Selon les résultats communiqués dans le cadre du programme, 246 chefs d’entreprise et salariés, dont 94 femmes, ont bénéficié d’une formation aux fondamentaux du digital. Par ailleurs, 120 TPME se sont engagées dans l’élaboration de leur feuille de route de transformation numérique.

Le dispositif a également permis de sélectionner huit entreprises technologiques chargées d’accompagner les bénéficiaires dans la mise en œuvre de leurs projets. Au total, 74 TPME ont déployé une nouvelle solution adaptée à leurs besoins de digitalisation.

Les indicateurs de satisfaction sont également élevés. Selon les données présentées par la GIZ, 94 % des participants estiment que l’accompagnement leur a été utile, tandis que 97 % déclarent mieux comprendre les enjeux et les opportunités du numérique pour leur activité.

Une évaluation complémentaire est en cours. Ses résultats doivent être communiqués aux futurs partenaires régionaux au démarrage de la phase d’extension.

Un dispositif appelé à évoluer pour toucher davantage d’entreprises

Les enseignements tirés du pilote doivent permettre d’améliorer la méthodologie avant son déploiement dans de nouveaux territoires. Le programme prévoit notamment des formations différenciées selon le niveau de maturité digitale des entreprises, ainsi qu’un calendrier d’accompagnement plus resserré.

La feuille de route numérique devrait également être davantage automatisée et standardisée afin de faciliter le suivi des entreprises et d’élargir le nombre de bénéficiaires sans compromettre la qualité de l’accompagnement.

Autre objectif affiché : renforcer l’autonomie des TPME dans le choix de leurs prestataires technologiques et dans la recherche de financements nécessaires à leurs projets numériques.

Le passage à l’échelle doit concerner une à trois régions dans un premier temps. Le choix des territoires reposera sur leur potentiel et leur intérêt stratégique, tout en tenant compte des particularités du tissu économique local.

Des partenaires régionaux au cœur du déploiement

La nouvelle phase du programme repose sur la sélection de partenaires régionaux de mise en œuvre, appelés à jouer un rôle central dans la continuité du dispositif.

Ces structures bénéficieront d’un accompagnement technique et méthodologique de la GIZ afin de renforcer progressivement leurs compétences et leur autonomie. L’objectif est qu’elles puissent, à terme, reproduire et déployer elles-mêmes l’approche DigiTPME, au-delà de la phase initiale.

Les partenaires retenus participeront au pilotage opérationnel du programme dans leur région, à la mobilisation des entreprises et à la coordination avec les acteurs économiques locaux. Ils contribueront également à pérenniser le dispositif et à favoriser son appropriation à l’échelle territoriale.

Quelles structures peuvent candidater à l’appel à manifestation d’intérêt ?

L’AMI est ouvert aux structures disposant d’un ancrage territorial dans les différentes régions du Maroc, de préférence à travers une implantation opérationnelle.

Les organismes susceptibles de présenter leur candidature comprennent notamment les Centres régionaux d’investissement, les associations et ONG actives dans l’accompagnement entrepreneurial, les incubateurs, les accélérateurs, les chambres de commerce, d’industrie et de services, ainsi que les autres chambres professionnelles.

Les antennes régionales d’agences publiques, les plateformes dédiées aux jeunes, les sociétés privées et les fédérations ou associations professionnelles figurent également parmi les catégories citées.

Les candidatures doivent être transmises exclusivement par le formulaire en ligne dédié avant le 26 octobre 2026 à 12 h. À l’issue de l’analyse des dossiers, la GIZ établira une liste prioritaire de partenaires potentiels, qui sera soumise au ministère de la Transition numérique. Les résultats sont prévus le 16 novembre 2026.

Le calendrier prévisionnel prévoit un lancement de la phase d’extension le 30 novembre 2026, puis le déploiement de l’accompagnement auprès des TPME entre janvier et avril 2027.

La GIZ précise toutefois que cet appel à manifestation d’intérêt constitue un outil d’aide à la décision et une base de discussion avec les structures intéressées. Il ne constitue ni un appel d’offres ni un engagement contractuel de la part de l’agence allemande ou de ses partenaires.

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