
Le groupe américain Koch prépare son entrée à hauteur de 50 % dans le capital de Jorf Fertilizers Company I (JFC1), une entreprise spécialisée dans la production d’acide phosphorique et d’engrais phosphatés au Maroc. L’opération envisagée serait réalisée par l’intermédiaire de KAES Phosphate Holdings, une société contrôlée par Koch, Inc., qui partagerait ensuite le contrôle de JFC1 avec OCP Nutricrops.
Le projet a fait l’objet d’une notification publiée par le Conseil de la concurrence le 8 octobre 2026. Les tiers intéressés peuvent présenter leurs observations jusqu’au 19 octobre. La finalisation de la transaction reste conditionnée à l’accomplissement des procédures réglementaires requises. Aucun montant n’a été communiqué à ce stade.
Koch et OCP renforcent leur partenariat industriel
Cette opération s’inscrit dans la continuité de la coopération entre OCP et Koch, dont un nouvel accord a été annoncé le 17 juillet 2026. Elle prévoit l’entrée de KAES Phosphate Holdings au capital de JFC1, actuellement détenue à 100 % par OCP Nutricrops, filiale entièrement contrôlée par OCP SA.
À l’issue de la transaction, les deux partenaires détiendraient chacun 50 % du capital de l’entreprise. Ce rapprochement permettrait ainsi de renforcer leur présence commune dans la production d’engrais phosphatés, tout en consolidant les liens industriels et commerciaux noués depuis plusieurs années.
Jorf Lasfar, un site stratégique pour la production d’engrais
Implantée au sein de la plateforme industrielle de Jorf Lasfar, Jorf Fertilizers Company I dispose de trois installations dédiées à différentes étapes de la chaîne de production. Celles-ci assurent respectivement la transformation de l’acide phosphorique, la fabrication d’engrais phosphatés et la production d’acide sulfurique.
Le site affiche une capacité annuelle d’environ 1,2 million de tonnes d’engrais phosphatés. Sa production comprend notamment le phosphate monoammonique (MAP), le phosphate diammonique (DAP) et le superphosphate triple (TSP), des fertilisants destinés aux marchés agricoles.
Ces activités s’intègrent dans la chaîne industrielle d’OCP, qui couvre l’extraction du phosphate, sa transformation en acide phosphorique et la production d’engrais destinés à différents marchés internationaux. Le groupe commercialise également de l’acide phosphorique auprès de clients tiers.
Deux coentreprises pour une capacité de 2,5 millions de tonnes
L’arrivée de Koch au capital de JFC1 prolongerait un partenariat industriel déjà engagé en 2022, lorsque le groupe américain avait investi dans Jorf Fertilizers Company III, devenue Kofert.
Avec l’intégration envisagée de JFC1 à cette coopération, les deux groupes disposeraient de capacités de production cumulées d’environ 2,5 millions de tonnes d’engrais par an à travers leurs deux coentreprises.
L’investissement serait porté par KAES Phosphate Holdings, une société à responsabilité limitée constituée dans l’État américain du Delaware et rattachée au périmètre de Koch, Inc. Le groupe américain intervient dans plusieurs secteurs, notamment le raffinage, la chimie, les engrais, les minéraux et le négoce de matières premières. Ses activités couvrent également les équipements industriels, les technologies de contrôle des procédés, les matériaux, les logiciels et les services.
Un accès renforcé aux marchés internationaux
Au-delà de la dimension industrielle, le rapprochement pourrait favoriser une meilleure articulation entre les capacités de production d’OCP et les réseaux commerciaux et de distribution de Koch, notamment en Amérique du Nord.
Le marché nord-américain présente un intérêt particulier pour les deux partenaires, dans un contexte marqué par la suspension temporaire des droits compensateurs américains appliqués à certains engrais phosphatés marocains, selon les éléments rapportés dans le cadre de cette opération.
L’entrée de Koch dans JFC1 modifierait ainsi l’actionnariat de cette entreprise stratégique de Jorf Lasfar, jusqu’ici entièrement détenue par OCP Nutricrops. Si elle est finalisée, la transaction donnerait au groupe américain une participation de 50 % dans le capital et les droits de vote de la société, tout en ouvrant une nouvelle étape dans la coopération industrielle et commerciale entre les deux groupes.






















