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Tanger Tech : un industriel chinois transfère son usine au Maroc

Le Maroc s’apprête à accueillir un nouveau projet industriel chinois dans le secteur des pièces aéronautiques et des équipements industriels. Le groupe Guizhou Aviation Technical Development (GATD), coté à la Bourse de Shanghai, prévoit de transférer de Slovaquie vers la cité Mohammed VI Tanger Tech son projet d’usine de forge, pour un investissement pouvant atteindre 105 millions d’euros, soit environ 1,14 milliard de dirhams.

Selon les informations institutionnelles et les sources proches du dossier citées par Barlamane.com, le groupe chinois aurait notamment été conduit à revoir son implantation en raison des délais administratifs rencontrés en Slovaquie.

Un projet industriel réorienté vers Tanger

Le projet de GATD prévoit l’installation de lignes de forge destinées à la fabrication de pièces pour les équipements industriels, ainsi que les ateliers et infrastructures nécessaires à leur fonctionnement.

Dans ses documents boursiers, le groupe évalue l’enveloppe maximale du projet à environ 862 millions de yuans, soit près de 1,14 milliard de dirhams. Le financement doit provenir à la fois des ressources propres de l’entreprise et de fonds qui seront levés à cette fin.

Il s’agit toutefois d’une enveloppe plafond, susceptible d’évoluer en fonction des autorisations et des conditions de réalisation du projet.

Cette décision met un terme au projet initialement approuvé en février par GATD pour une implantation à Košice, dans l’est de la Slovaquie.

Les délais administratifs au cœur du changement

Dans les documents communiqués par le groupe, GATD explique sa décision par l’ajout de nouvelles procédures d’examen administratif par les autorités slovaques. Selon l’entreprise, ces démarches ont considérablement rallongé le calendrier d’obtention des autorisations et rendu incertaine la réalisation du projet dans les délais prévus.

Le chantier slovaque devait s’étaler sur environ 36 mois et n’avait pas encore commencé. La société créée en Slovaquie pour porter l’investissement, qui n’avait enregistré aucune activité commerciale depuis sa constitution, doit par ailleurs être dissoute.

Le choix de Tanger intervient donc dans un contexte où la prévisibilité du calendrier administratif semble avoir constitué un élément important dans la réorientation du projet.

GATD injecte 300 millions de yuans dans sa filiale

Parallèlement au transfert du projet, GATD a approuvé un apport de 300 millions de yuans, soit environ 397 millions de dirhams, au profit de sa filiale détenue à 100 %, Sichuan Delan Hangyu Technology Development.

Spécialisée dans les pièces forgées destinées aux secteurs aéronautique et aérospatial, Delan Hangyu doit jouer un rôle central dans le développement de la nouvelle implantation marocaine.

Le montant sera versé progressivement, en fonction de l’avancement du chantier, et transitera par une sous-filiale également détenue à 100 % par le groupe.

Selon les informations communiquées, l’usine de Tanger devrait être exploitée par une entité provisoirement dénommée Atlas Advanced Materials.

Une filiale bénéficiaire au premier semestre 2026

L’apport financier destiné à Delan Hangyu s’inscrit dans l’enveloppe globale prévue pour le projet marocain. Il doit renforcer les capitaux propres de la filiale sans modifier son capital social ni la structure de son actionnariat.

GATD présente cette opération comme un moyen d’améliorer la structure financière de sa filiale, de réduire son niveau d’endettement et de couvrir les besoins liés au développement du projet à l’étranger.

Au 30 juin 2026, le passif de Delan Hangyu représentait 81,42 % de son actif, contre 85,85 % à la fin de 2025.

Sur les six premiers mois de 2026, la filiale a réalisé un bénéfice net de 66,5 millions de yuans, soit environ 88 millions de dirhams, pour un chiffre d’affaires de 480,8 millions de yuans, équivalant à près de 636 millions de dirhams.

Tanger Tech, un choix encore conditionné à l’acquisition du terrain

Le transfert du projet vers le Maroc ne signifie pas pour autant que le chantier peut démarrer immédiatement. Plusieurs étapes administratives et foncières restent à franchir.

Les discussions préalables avec les autorités marocaines auraient permis au groupe de s’assurer qu’aucune procédure administrative supplémentaire ne serait nécessaire pour cet investissement, selon les informations divulguées par GATD.

Le groupe doit notamment obtenir les autorisations ou enregistrements nécessaires auprès des autorités chinoises, accomplir les démarches liées aux permis de construire et procéder à l’immatriculation de la société marocaine.

Sur le plan foncier, GATD a déjà signé un accord d’intention concernant le terrain destiné au projet. Le contrat définitif d’acquisition doit encore être conclu.

Une usine tournée vers les marchés internationaux

Lors de l’annonce initiale du projet, GATD avait indiqué que la nouvelle capacité industrielle devait principalement servir les marchés européens, américains et du Moyen-Orient.

Cette orientation internationale correspond au profil du groupe, dont les ventes réalisées à l’étranger représentaient déjà plus de 40 % du chiffre d’affaires selon les informations communiquées en février.

GATD fournit notamment des pièces annulaires fabriquées à partir d’alliages spéciaux destinées aux motoristes aéronautiques ainsi qu’aux fabricants de turbines industrielles.

L’implantation à Tanger pourrait ainsi permettre au groupe chinois de renforcer sa présence industrielle à proximité de plusieurs marchés d’exportation, tout en intégrant un écosystème marocain de plus en plus développé dans les secteurs aéronautique et industriel.

Tanger Tech poursuit sa montée en puissance industrielle

Le choix de la cité Mohammed VI Tanger Tech pour accueillir ce projet illustre également l’attractivité croissante de la plateforme industrielle marocaine pour les investisseurs internationaux.

Avec un investissement potentiel de 105 millions d’euros, GATD viendrait renforcer les activités liées à la transformation des métaux, aux pièces à forte valeur ajoutée et aux applications aéronautiques et industrielles.

Pour le Maroc, l’enjeu dépasse ainsi le seul montant de l’investissement. L’arrivée d’un industriel spécialisé dans les pièces forgées peut contribuer à diversifier davantage les activités industrielles implantées dans le Royaume et à renforcer les liens avec les chaînes de valeur internationales.

Le projet reste néanmoins conditionné à la finalisation des différentes procédures administratives et foncières. Sa concrétisation constituera donc la prochaine étape à suivre après la décision de transférer l’investissement de la Slovaquie vers Tanger.

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