
Le Maroc s’est imposé comme l’un des principaux débouchés africains des produits égyptiens au cours des sept premiers mois de 2026. Selon les statistiques du Conseil des ministres égyptien, le Royaume a importé pour 521 millions de dollars de marchandises égyptiennes, soit environ 4,74 milliards de dirhams, se classant ainsi au quatrième rang des marchés africains de l’Égypte.
Le Maroc dans le top 5 des marchés africains de l’Égypte
Entre janvier et juillet 2026, les importations marocaines en provenance d’Égypte ont atteint 521 millions de dollars. Le Maroc se situe derrière la Libye, le Soudan et l’Algérie, mais devance largement la Tunisie.
L’Algérie occupe la troisième position avec 566 millions de dollars d’achats, soit environ 5,15 milliards de dirhams. L’écart avec le Maroc reste ainsi relativement limité, à 45 millions de dollars, soit près de 410 millions de dirhams.
La Tunisie arrive en cinquième position avec 252 millions de dollars, l’équivalent de 2,29 milliards de dirhams. Les achats tunisiens représentent ainsi moins de la moitié de ceux réalisés par le Maroc sur la même période.
À ce rythme, les importations marocaines de produits égyptiens ont représenté en moyenne près de 74 millions de dollars par mois, soit environ 677 millions de dirhams.
La Libye et le Soudan dominent les échanges avec l’Égypte
La Libye constitue le premier marché africain pour les produits égyptiens. Sur les sept premiers mois de 2026, ses importations depuis l’Égypte ont atteint 869 millions de dollars, soit près de 7,91 milliards de dirhams.
Le Soudan arrive en deuxième position avec 659 millions de dollars, correspondant à environ 6 milliards de dirhams.
À eux seuls, les deux pays voisins de l’Égypte ont donc absorbé 1,53 milliard de dollars de marchandises égyptiennes entre janvier et juillet. Ce montant dépasse les achats cumulés de l’Algérie et du Maroc, qui atteignent ensemble 1,087 milliard de dollars, soit près de 9,89 milliards de dirhams.
Cette proximité géographique contribue notamment à expliquer le poids de la Libye et du Soudan dans les échanges commerciaux égyptiens avec le continent africain.
Quatre marchés du Maghreb parmi les cinq premiers
Le classement met également en évidence la place importante du Maghreb dans les exportations égyptiennes vers l’Afrique. Quatre pays de la région figurent parmi les cinq principaux clients africains de l’Égypte : la Libye, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.
Ces quatre marchés représentent à eux seuls environ 2,21 milliards de dollars d’achats de produits égyptiens au cours des sept premiers mois de 2026, soit près de 20,1 milliards de dirhams.
En ajoutant le Soudan, les cinq principaux débouchés africains des exportations égyptiennes atteignent environ 2,87 milliards de dollars, soit près de 26,1 milliards de dirhams.
Le poids de ces cinq marchés apparaît d’autant plus important que les échanges commerciaux entre l’Égypte et l’ensemble des pays africains ont atteint 6,1 milliards de dollars sur la même période. Ce chiffre englobe les échanges dans les deux sens.
Les cinq principaux marchés représentent ainsi environ 47 % de l’ensemble des échanges commerciaux de l’Égypte avec le continent africain entre janvier et juillet 2026.
Un déséquilibre commercial persistant entre Rabat et Le Caire
Les chiffres mettent également en lumière une caractéristique ancienne des relations commerciales entre le Maroc et l’Égypte : les échanges bilatéraux restent largement favorables au Caire.
Les exportations égyptiennes vers le Maroc dépassent en effet depuis plusieurs années les ventes marocaines destinées au marché égyptien. Ce déséquilibre est régulièrement souligné par les milieux d’affaires marocains, qui appellent notamment à renforcer la présence des produits marocains sur le marché égyptien.
Les deux pays disposent pourtant d’un cadre commercial commun susceptible de favoriser les échanges. Le Maroc et l’Égypte appliquent depuis 2007 l’Accord d’Agadir, signé à Rabat en février 2004 avec la Tunisie et la Jordanie.
Les deux économies sont également engagées dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui vise à renforcer progressivement les échanges entre les pays du continent et à favoriser l’intégration des marchés africains.
Quel potentiel pour les exportations marocaines ?
Le niveau des importations marocaines en provenance d’Égypte montre l’existence d’un marché bilatéral déjà significatif. Mais il pose également la question de la capacité des entreprises marocaines à accroître leurs exportations vers l’Égypte.
Le potentiel ne dépend pas uniquement des accords commerciaux. Il repose également sur la compétitivité des entreprises, la diversification des produits exportés, les coûts logistiques et la capacité à identifier des débouchés dans les différents secteurs de l’économie égyptienne.
Dans un contexte marqué par la montée en puissance de la Zlecaf, l’évolution des échanges entre Rabat et Le Caire pourrait ainsi constituer un indicateur intéressant de la capacité des deux économies à mieux équilibrer leurs relations commerciales.
Pour le Maroc, l’enjeu consiste notamment à transformer les mécanismes d’intégration commerciale en opportunités concrètes pour ses exportateurs. Pour l’Égypte, le marché marocain confirme déjà son importance parmi les principaux débouchés africains de ses produits.






















