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ONHYM : le Maroc change de méthode pour valoriser son sous-sol

Minerais critiques, cuivre, hydrocarbures, intelligence artificielle et données géologiques : l’ONHYM accélère sa mutation. Sa transformation en société anonyme accompagne une stratégie plus offensive, fondée sur le dérisquage des projets et l’attraction d’investisseurs internationaux.

Le Maroc aborde une nouvelle étape dans la valorisation de son sous-sol. Les dernières initiatives de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) montrent une évolution de méthode : il ne s’agit plus seulement d’identifier des ressources, mais de rendre les actifs marocains suffisamment documentés et attractifs pour déclencher des investissements.

Le signal le plus récent est venu, le 7 octobre, de l’accord conclu avec Viridien. Le spécialiste mondial des données géoscientifiques va collaborer avec l’ONHYM afin de développer une connaissance intégrée des bassins sédimentaires marocains, onshore et offshore. L’objectif est notamment de mieux évaluer leur potentiel et de réduire l’incertitude géologique qui accompagne les opérations d’exploration.

Cette logique de « dérisquage » devient un élément central de la stratégie marocaine. Plus la connaissance du sous-sol progresse, plus les compagnies internationales disposent d’éléments pour arbitrer leurs investissements.

Le cuivre revient au premier plan

Le même mouvement apparaît dans le secteur minier. La rencontre, le 5 octobre, entre l’ONHYM et KGHM Polska Miedź, l’un des grands producteurs mondiaux de cuivre, a porté sur le potentiel minéral marocain et les possibilités de développer des projets à forte valeur ajoutée.

Aucun projet de cuivre n’a été annoncé à ce stade. Mais l’intérêt d’un acteur de cette dimension intervient dans un contexte où le cuivre est devenu stratégique pour les réseaux électriques, les véhicules électriques, les énergies renouvelables et les infrastructures numériques.

Le Maroc cherche ainsi à inscrire son potentiel minier dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales. L’enjeu n’est plus seulement l’extraction d’une ressource, mais la capacité à attirer les capitaux, les technologies et les partenaires industriels nécessaires à sa valorisation.

L’intelligence artificielle au service de l’exploration

Cette ambition s’appuie également sur une modernisation des méthodes d’exploration.

À l’occasion de l’International Mining Congress 2026, l’ONHYM a mis en avant l’utilisation de l’imagerie hyperspectrale, de la géophysique aéroportée et de l’intelligence artificielle. Plus de 50 cibles prometteuses auraient notamment été identifiées grâce aux travaux hyperspectraux réalisés dans l’Anti-Atlas.

Le principe est simple : croiser davantage de données pour mieux cibler les zones présentant un potentiel minier. Cette approche permet de concentrer les campagnes de terrain et les investissements sur les cibles les plus intéressantes.

Le numérique devient ainsi un outil de réduction du risque, au même titre que l’exploration géologique traditionnelle.

Un ONHYM plus agile

Cette nouvelle orientation intervient alors que l’Office change de statut. Sa transformation en société anonyme constitue l’une des principales évolutions institutionnelles du secteur.

Le passage à ONHYM-SA doit donner davantage de souplesse à l’établissement dans ses opérations, ses partenariats et la valorisation de ses actifs. Cette évolution prend tout son sens au regard des nouveaux accords et des opérations engagées.

L’Office dispose en effet d’un patrimoine minier important et continue de mettre certains actifs sur le marché. Les appels d’offres concernant notamment Tiouli Ouest et Iboughardaine illustrent cette volonté de rechercher des investisseurs capables de transformer des ressources identifiées en projets industriels.

Du potentiel géologique à la valeur industrielle

Sur le front gazier, la même logique se poursuit. Le Gazoduc Africain Atlantique Nigeria–Maroc entre progressivement dans une phase plus opérationnelle après la signature, en juillet, de l’accord intergouvernemental entre les États concernés.

Les études FEED sont achevées et les campagnes de reconnaissance du tracé ont été réalisées. Le financement et la mobilisation des investisseurs constituent désormais des enjeux majeurs.

Parallèlement, l’ONHYM poursuit l’évaluation du potentiel des bassins marocains, notamment dans le Gharb Deep Offshore et dans le bassin de Zag.

Cette multiplication des initiatives dessine une nouvelle architecture. Données géologiques, technologie, partenariats internationaux, actifs miniers et hydrocarbures convergent désormais vers un même objectif : transformer le potentiel du sous-sol marocain en investissements et en valeur industrielle.

C’est probablement là que se situe le véritable changement de dimension de l’ONHYM. L’Office ne cherche plus seulement à savoir ce que contient le sous-sol marocain. Il veut surtout créer les conditions économiques permettant de le valoriser.

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