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Textile marocain : les exportations reculent encore en 2026

Les exportations marocaines de textile et cuir continuent de subir la pression du ralentissement de la demande extérieure. À fin août 2026, les ventes du secteur à l’étranger se sont établies à 28,7 milliards de dirhams, en baisse de 5,6% sur un an. Après des replis de 0,7% en 2024 et de 4,2% en 2025 à la même période, le secteur enregistre ainsi une troisième baisse consécutive.

Cette évolution contraste avec la dynamique globale des exportations marocaines de marchandises. Celles-ci ont progressé de 8,7% à fin août, pour atteindre 334,9 milliards de dirhams. Le textile-habillement évolue donc à contre-courant de plusieurs grandes filières industrielles, à commencer par l’automobile, dont les exportations ont augmenté de 14,5%, à 116,1 milliards de dirhams.

28,7 milliards de DH d’exportations à fin août

Les exportations du secteur textile et cuir ont atteint précisément 28,729 milliards de dirhams, contre 30,442 milliards un an auparavant. Le recul ne se limite plus à un segment particulier : la confection, la bonneterie et la chaussure sont toutes confrontées à une baisse de leurs performances.

Cette situation intervient dans un environnement international marqué par une demande moins dynamique et une concurrence accrue entre les principaux pays producteurs. Pour les industriels marocains, la pression porte ainsi simultanément sur les volumes, les prix et la capacité à répondre rapidement aux exigences des donneurs d’ordre.

Une forte dépendance au marché européen

La concentration géographique des débouchés constitue l’un des principaux points de vigilance pour la filière. L’Europe reste le premier marché du textile et de l’habillement marocain, avec notamment la France et l’Espagne parmi les principaux clients.

Cette proximité a longtemps constitué un avantage majeur pour le Maroc. La courte distance avec les marchés européens permet aux industriels de proposer des délais de livraison réduits et de s’intégrer plus facilement dans les chaînes de production des grandes marques.

Mais cette dépendance peut également accentuer l’impact d’un ralentissement de la consommation européenne. Les arbitrages des ménages, le coût de l’énergie et les incertitudes économiques peuvent peser sur la demande de vêtements et de chaussures, tandis que les producteurs marocains doivent faire face à la concurrence de pays disposant de coûts de production plus faibles.

Les industriels face à de nouvelles exigences

La pression ne porte toutefois pas uniquement sur les prix. Les donneurs d’ordre internationaux exigent désormais davantage de flexibilité, de traçabilité et de rapidité, tout en renforçant leurs critères environnementaux et sociaux.

Le Maroc dispose pourtant de plusieurs avantages compétitifs. Sa proximité avec l’Europe, ses infrastructures portuaires, son savoir-faire industriel et sa capacité à répondre rapidement aux commandes continuent de constituer des atouts importants.

La question est désormais de savoir dans quelle mesure ces avantages peuvent être transformés en gains de compétitivité et en montée en gamme.

Diversifier les marchés et renforcer l’intégration

Pour réduire sa vulnérabilité, la filière dispose notamment d’un levier de diversification géographique. L’ouverture vers l’Amérique du Nord, le Moyen-Orient et davantage de marchés africains pourrait permettre de réduire la concentration des exportations sur quelques destinations européennes.

L’autre enjeu concerne l’intégration industrielle. Le développement de davantage de capacités en amont permettrait de réduire certaines dépendances aux intrants importés et de renforcer la maîtrise de la chaîne de valeur.

Le textile conserve par ailleurs un poids important dans l’industrie marocaine. Selon les données institutionnelles citées, la filière représente 27% des emplois industriels et 7% de la valeur ajoutée industrielle. Avec plus de 1.600 entreprises et plus de 220.000 emplois, elle demeure donc un secteur déterminant pour l’emploi et l’activité industrielle.

Miser sur l’innovation et la montée en gamme

Le recul des exportations pose ainsi une question qui dépasse les seules performances commerciales. La compétitivité de la filière dépend également de sa capacité à investir dans l’automatisation, la digitalisation, la formation et l’innovation.

Le textile technique, les matières durables, le recyclage et les produits spécialisés constituent notamment des pistes permettant de diversifier l’offre et d’augmenter la valeur captée par les entreprises marocaines.

L’objectif serait progressivement de dépasser un modèle principalement centré sur la confection pour compte de tiers afin de développer davantage de capacités intégrées et de produits à plus forte valeur ajoutée.

Un nouveau défi pour la filière marocaine

Avec trois années consécutives de baisse des exportations à fin août, le textile et le cuir marocains font face à un défi important. Les chiffres ne suffisent pas, à eux seuls, à établir une rupture structurelle définitive, mais ils confirment la persistance d’une pression sur le modèle exportateur de la filière.

Le Maroc conserve des avantages liés à sa position géographique, à ses infrastructures et à son intégration avec les chaînes de valeur européennes. L’enjeu sera désormais de renforcer ces atouts par davantage de diversification, d’innovation et d’intégration industrielle.

Pour le secteur, la priorité ne consiste donc pas uniquement à récupérer les volumes d’exportation perdus, mais aussi à consolider une position plus compétitive et plus rémunératrice dans les chaînes de valeur mondiales.

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