
L’approvisionnement énergétique du Maroc a poursuivi sa progression en 2025, atteignant 0,99 exajoule, contre 0,95 exajoule un an auparavant, soit une hausse de 5,2 %. Le Royaume représente ainsi environ 0,2 % de l’approvisionnement énergétique mondial, selon la 75e édition de la Revue statistique mondiale de l’énergie, publiée par l’Energy Institute (EI), en partenariat avec le groupe de réflexion Ember et avec la contribution de Kearney et KPMG.
Les données montrent toutefois que cette progression reste largement portée par les combustibles fossiles. Le pétrole, le charbon et le gaz naturel représentent ensemble près de 96 % de l’approvisionnement énergétique marocain, tandis que les énergies renouvelables occupent encore une place minoritaire.
Le pétrole reste la principale source d’énergie
Avec 0,64 exajoule en 2025, contre 0,61 exajoule en 2024, le pétrole demeure de très loin la première source d’approvisionnement énergétique du Maroc. Les liquides pétroliers ont atteint 330 000 barils par jour, en hausse de 4,4 % sur un an.
Le charbon arrive en deuxième position avec 0,28 exajoule, soit une progression de 5,8 %. Le gaz naturel a pour sa part atteint environ un milliard de mètres cubes, contre 0,9 milliard en 2024, enregistrant une hausse de 5,6 %.
Les renouvelables ont représenté environ 0,04 exajoule, un niveau qui reste relativement faible par rapport aux besoins énergétiques globaux du Royaume. L’hydroélectricité demeure marginale dans cette mesure, tandis que la production nucléaire est inexistante sur les deux exercices.
Rapporté à la population, l’approvisionnement énergétique marocain a atteint 25,82 gigajoules par habitant en 2025, contre 24,84 gigajoules un an auparavant, soit une progression de 4,2 %.
Une demande électrique en hausse
La production brute d’électricité a également progressé au cours de l’année 2025. Elle s’est établie à 45,9 TWh, contre 43,7 TWh en 2024, enregistrant une hausse de 5,3 %.
Les sources renouvelables ont fourni environ 11,5 TWh, soit près du quart de la production électrique nationale. L’éolien représente la principale contribution avec 9,2 TWh, malgré une légère baisse de 1,6 %.
Le solaire affiche en revanche une dynamique beaucoup plus soutenue. Sa production a atteint 1,9 TWh, en progression de 18,3 % sur un an. L’hydroélectricité a également progressé, avec 0,4 TWh produits en 2025, soit une hausse de 26 %.
Cette évolution illustre le rôle croissant du solaire dans le système électrique marocain, même si les combustibles fossiles conservent une place prépondérante dans l’approvisionnement énergétique global.
Le parc solaire poursuit son expansion
La puissance solaire installée au Maroc a augmenté de 14,2 % en 2025 pour atteindre 1 086 MW, contre 951 MW en 2024.
Cette progression provient exclusivement du photovoltaïque, dont la capacité est passée de 411 à 546 MW. Le solaire thermodynamique à concentration a, pour sa part, conservé une capacité installée de 540 MW.
Le parc éolien a également continué de progresser, atteignant 2 452 MW, contre 2 395 MW un an auparavant, soit une hausse de 2,4 %. L’ensemble des capacités éoliennes recensées est constitué d’installations terrestres.
À l’échelle mondiale, le développement des renouvelables s’est accéléré en 2025. La production renouvelable mondiale a augmenté de 861 TWh, soit davantage que la hausse de la demande mondiale d’électricité, qui s’est élevée à 855 TWh.
Une hausse parallèle des émissions de CO₂
La progression de l’approvisionnement énergétique marocain s’est accompagnée d’une augmentation des émissions liées à l’énergie.
Les émissions de dioxyde de carbone ont atteint 72,7 millions de tonnes en 2025, contre 69,3 millions de tonnes en 2024, soit une hausse de 5,2 %. En intégrant les autres gaz à effet de serre dans la mesure élargie en équivalent CO₂, les émissions atteignent 77,7 millions de tonnes, contre 73,8 millions un an auparavant.
Cette évolution intervient alors que les émissions mondiales de CO₂ liées aux combustibles fossiles ont augmenté de 1,1 % en 2025, atteignant 35,8 milliards de tonnes.
Pour le Maroc, ces chiffres mettent en évidence le poids encore important des hydrocarbures et du charbon dans le système énergétique, malgré l’augmentation des capacités renouvelables.
Le solaire gagne du terrain dans l’électricité
La progression du solaire constitue néanmoins l’un des principaux éléments de transformation du paysage énergétique marocain.
Avec une hausse de 18,3 % de sa production en 2025 et une augmentation de 14,2 % de la puissance installée, le photovoltaïque affiche une dynamique supérieure à celle de plusieurs autres sources renouvelables.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte mondial marqué par l’accélération du solaire. Selon l’Energy Institute, la production solaire mondiale a progressé de 30 % en 2025 et représente désormais 8,7 % de la production mondiale d’électricité, quasiment au niveau du nucléaire, à 8,8 %, et légèrement devant l’éolien, à 8,4 %.
Au Maroc, la montée en puissance des capacités solaires et éoliennes contribue donc progressivement à diversifier le mix électrique, même si cette évolution ne suffit pas encore à réduire fortement la place des combustibles fossiles dans l’approvisionnement énergétique total.
Le cobalt marocain en recul
La revue statistique de l’Energy Institute fournit également des données sur les ressources minières liées à la transition énergétique. La production marocaine de cobalt a diminué de 14,4 % en 2025, à environ 1 100 tonnes, contre 1 300 tonnes en 2024.
Cette production représente environ 0,4 % de la production mondiale. Les réserves marocaines sont estimées à 13 000 tonnes, soit environ 0,1 % des réserves mondiales. Au rythme d’extraction enregistré en 2025, elles correspondent à environ douze années de production.
À l’échelle internationale, la production de cobalt demeure fortement concentrée dans un nombre limité de pays, la République démocratique du Congo conservant une position dominante dans l’approvisionnement mondial.
Les données de 2025 dessinent ainsi un paysage énergétique marocain en transition : la demande progresse, les capacités solaires et éoliennes continuent de se développer, mais le pétrole, le charbon et le gaz restent largement majoritaires dans l’approvisionnement total du Royaume.






















