
Le projet minier de Boumadine, porté par le groupe canadien Aya Gold & Silver au Maroc, entre dans une nouvelle phase. Son président-directeur général, Benoit La Salle, a annoncé l’ouverture, au quatrième trimestre, des premiers chantiers d’infrastructures du futur complexe aurifère et argentifère.
Cette étape intervient après la publication d’une étude économique préliminaire actualisée qui revoit fortement à la hausse la valeur du projet. La valeur actuelle nette (VAN) est désormais estimée à 3,5 milliards de dollars, soit près de 32,6 milliards de dirhams, contre 1,7 milliard de dollars dans l’évaluation précédente.
Le taux de rentabilité interne (TRI) ressort quant à lui à 93 %, contre 40 % auparavant. Ces indicateurs reposent toutefois sur les hypothèses de cours retenues par le groupe, à savoir 3 500 dollars l’once d’or et 50 dollars l’once d’argent.
Boumadine vise 10 000 tonnes de minerai par jour
Selon les projections présentées par Aya Gold & Silver, le projet pourrait fonctionner sur une durée de quatorze ans, avec un traitement de l’ordre de 10 000 tonnes de minerai par jour.
Le groupe prévoit d’engager dans un premier temps les travaux nécessaires à la mise en place des infrastructures de base. Les chantiers doivent notamment concerner l’alimentation en énergie, les ressources en eau, les installations de stockage des résidus miniers ainsi que la base vie destinée aux équipes.
Ces travaux précéderont la réalisation d’une étude de faisabilité attendue au second semestre 2027, étape qui devra préciser davantage les paramètres techniques et économiques du futur projet.
Aya Gold & Silver estime actuellement les dépenses d’investissement nécessaires à environ 450 millions de dollars canadiens, soit près de 3 milliards de dirhams.
Pour financer ce développement, le groupe envisage de mobiliser plusieurs sources, notamment ses propres flux de trésorerie, des prêts accordés par des institutions financières publiques ainsi que des mécanismes de préfinancement pouvant être apportés par de futurs acheteurs de la production.
Zgounder dépasse déjà sa capacité nominale
En parallèle de Boumadine, Aya Gold & Silver poursuit l’augmentation de la production de sa mine d’argent de Zgounder, dans la province de Taroudant, qui constitue son principal actif actuellement en production.
Selon Benoit La Salle, la nouvelle installation a été construite en dix-huit mois, dans les délais et le budget prévus. Elle traite désormais environ 4 000 tonnes de minerai par jour, alors que sa capacité nominale initiale était fixée à 2 700 tonnes quotidiennes.
Le groupe étudie désormais la possibilité de prolonger la durée de vie de la mine, actuellement estimée à onze ans, tout en portant sa capacité de traitement à 5 000 ou 6 000 tonnes par jour.
Aya Gold & Silver table sur une production annuelle d’environ six millions d’onces d’argent. Les coûts décaissés sont estimés à environ 16 dollars par once, tandis que les coûts de maintien tout compris atteindraient près de 19 dollars l’once.
Aux cours actuels de l’argent, le groupe estime que Zgounder pourrait générer près de 250 millions de dollars de flux de trésorerie annuels.
Le Maroc mis en avant pour son environnement minier
Le développement de Boumadine et l’expansion de Zgounder s’inscrivent dans la stratégie du groupe canadien visant à accroître sa présence dans le secteur minier marocain.
Benoit La Salle présente le Royaume comme un environnement favorable à l’industrie extractive, en mettant notamment en avant son expérience historique dans l’exploitation minière, la disponibilité d’une main-d’œuvre spécialisée et la présence d’institutions ainsi que de grands groupes nationaux actifs dans le secteur.
Le dirigeant cite notamment OCP et Managem parmi les acteurs qui structurent l’écosystème minier marocain. Il estime par ailleurs que l’activité minière représente moins de 1 % de l’économie nationale.
Cette présence d’un savoir-faire historique et d’un tissu industriel spécialisé constitue, selon lui, un élément important pour le développement de nouveaux projets miniers.
Des permis présentés comme plus rapides à obtenir
Le patron d’Aya Gold & Silver a également mis en avant les conditions d’accès aux permis miniers au Maroc. Il affirme que les autorisations peuvent être obtenues en deux à trois mois, contre des délais sensiblement plus longs au Canada et en France.
Il souligne également que les permis accordés par l’État ne prévoient ni redevance ni participation gratuite de la puissance publique au capital, selon les conditions évoquées par le dirigeant.
Pour Aya Gold & Silver, ces caractéristiques s’ajoutent aux ressources minières et aux compétences disponibles pour renforcer l’attractivité du Maroc pour les investissements dans l’extraction et la transformation des métaux.
Avec Boumadine, le groupe prépare ainsi un deuxième moteur de croissance autour de l’or et de l’argent, tandis que Zgounder continue d’augmenter ses volumes. La prochaine étape majeure sera l’étude de faisabilité prévue en 2027, qui permettra de préciser les contours techniques et financiers du projet avant sa mise en développement.





















