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Le Maroc, premier fournisseur extérieur de l’UE en roche phosphatée

Le Maroc confirme son poids stratégique sur le marché européen des matières premières phosphatées. Selon le Réseau italien pour l’économie circulaire (CEN), le Royaume représente 27 % des approvisionnements de l’Union européenne en roche phosphatée, ce qui en fait son premier fournisseur extérieur, devant la Russie avec 24 %, l’Algérie avec 10 % et Israël avec 7 %.

Cette position intervient dans un contexte de forte dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des fournisseurs situés hors de ses frontières. Le CEN estime ainsi que les Vingt-Sept dépendent largement des importations pour couvrir leurs besoins en matières premières phosphatées, essentielles notamment au fonctionnement du système agricole européen.

Le Maroc, acteur majeur de la production mondiale

Le poids du Maroc dans les approvisionnements européens s’appuie sur une importante base minière. Le Royaume représente 14 % de la production mondiale de roche phosphatée, derrière la Chine qui concentre 44 % de la production mondiale.

En Europe, la Finlande est présentée comme le principal producteur mentionné dans le rapport, avec une part de 18 %. Cette production reste toutefois insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins européens en phosphore.

Le rapport souligne en effet le rôle central de cette matière première dans l’agriculture européenne, notamment en raison de son utilisation dans la fabrication des engrais. La disponibilité du phosphore constitue ainsi un enjeu directement lié à la sécurité des approvisionnements agricoles.

Une dépendance européenne de 82 % pour la roche phosphatée

La dépendance de l’Union européenne atteint 82 % pour la roche phosphatée, tandis qu’elle s’élève à 100 % pour le phosphore élémentaire. Ces niveaux illustrent l’importance des importations pour l’industrie européenne des engrais et, plus largement, pour le secteur agricole.

La structure des approvisionnements repose sur plusieurs fournisseurs. La Russie fournit principalement des engrais phosphatés et des produits composés, tandis que les apports en provenance d’Algérie et d’Israël sont décrits dans le rapport comme plus limités mais réguliers.

Cette diversité des origines permet à l’Union européenne de répartir une partie de ses besoins entre plusieurs marchés, sans pour autant supprimer sa dépendance globale aux ressources extérieures.

Le potentiel encore inexploité du recyclage du phosphore

Au-delà des ressources minières, le rapport met également en évidence le potentiel du recyclage du phosphore déjà présent dans l’économie européenne. Environ 15 % des apports sont perdus dans des flux considérés comme particulièrement intéressants pour récupérer cette ressource.

Les boues d’épuration, les effluents d’élevage, les déchets d’abattoirs et certains déchets organiques figurent parmi les principales sources identifiées. Une partie de ces matières est déjà utilisée directement sur les sols, contribuant ainsi au recyclage du phosphore.

Le potentiel reste toutefois important dans le traitement des déchets. Le CEN relève notamment que la récupération du phosphore à partir de la fraction organique des déchets urbains demeure encore peu développée.

Des prix relativement stables

Sur le volet des prix, le rapport décrit une évolution relativement contenue du marché du phosphore. Les cours sont présentés comme globalement stables, à l’exception de variations pouvant intervenir lors d’événements ponctuels d’ampleur nationale ou internationale.

Cette situation distingue pour l’instant la dépendance physique de l’Europe aux importations d’une éventuelle tension permanente sur les prix. Pour l’Union européenne, l’enjeu reste donc autant celui de la sécurisation des approvisionnements que celui du développement de nouvelles capacités de récupération et de recyclage du phosphore.

La position du Maroc dans ce marché lui confère, de fait, une place importante dans la chaîne d’approvisionnement européenne en matières premières phosphatées, alors que l’Europe cherche à réduire les vulnérabilités liées à sa dépendance extérieure.

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