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Maroc : l’OCDE suit les aides face au nouveau choc énergétique

Le Maroc fait désormais partie des 49 économies suivies par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans le cadre de son dispositif consacré aux mesures de soutien face à la nouvelle flambée des prix de l’énergie. Mis à jour le 23 septembre 2026, l’outil recense plus de 240 mesures publiques adoptées depuis le début du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, dont 33 pays membres de l’OCDE et 16 économies non membres.

Cette nouvelle photographie internationale permet de situer la réponse marocaine parmi les différentes politiques mises en œuvre pour amortir les conséquences de la hausse des prix. Dans le cas du Maroc, l’OCDE indique que le gouvernement a réactivé les dispositifs de soutien au secteur du transport déjà appliqués pendant la crise énergétique de 2022-2023, sans mettre en place de nouvelles aides directes destinées aux ménages.

Plus de 240 mesures recensées dans 49 économies

L’outil de suivi de l’OCDE montre qu’environ 30 % des mesures recensées sont encore actives et ciblées, tandis que 40 % restent en vigueur sans ciblage particulier. Près de 30 % ont, à l’inverse, déjà expiré. L’organisation souligne ainsi qu’une part importante des dispositifs introduits depuis le début du choc énergétique demeure toujours active.

Le suivi de l’OCDE ne comptabilise pas chaque annonce gouvernementale comme une nouvelle mesure. Les prolongations ou modifications successives d’un même dispositif sont regroupées afin de mesurer les politiques effectivement mises en œuvre plutôt que le nombre de décisions ou de communications publiques.

À l’échelle internationale, les mesures prennent différentes formes, allant du soutien aux prix de l’énergie aux aides aux revenus, en passant par les dispositifs de crédit, les mesures visant à réduire la demande énergétique ou encore les interventions destinées à renforcer la transition énergétique.

Le Maroc privilégie le soutien au transport

Dans le cas marocain, la réponse identifiée par l’OCDE repose donc sur la réactivation des aides destinées aux professionnels du transport.

Cette orientation intervient dans un contexte où les prix de l’énergie représentent un enjeu particulier pour le Royaume. Dans ses Perspectives économiques publiées en juin, l’OCDE estimait que 90 % des besoins énergétiques du Maroc étaient couverts par les importations, ce qui expose directement l’économie nationale aux fluctuations des marchés internationaux.

L’organisation prévoyait également que le choc énergétique entraînerait temporairement une hausse de l’inflation et du déficit courant en 2026. Elle anticipait une inflation de 3,2 % en 2026, contre 0,7 % en 2025, avant un reflux à 1,4 % en 2027. La croissance du PIB était parallèlement projetée à 5 % en 2026 puis 3,9 % en 2027.

L’OCDE insiste sur des aides ciblées et temporaires

Au-delà du cas marocain, l’OCDE estime que les réponses publiques au choc énergétique doivent être conçues de manière à limiter leur coût budgétaire et à préserver les incitations à réduire la consommation d’énergie.

Dans son analyse de juin, l’organisation souligne que les dispositifs destinés à protéger les ménages et les entreprises sont plus efficaces lorsqu’ils sont ciblés et temporaires, notamment parce que les mécanismes généralisés peuvent représenter une charge budgétaire plus importante. Elle recommande également que les aides soient progressivement retirées lorsque les prix de l’énergie se normalisent.

Cette recommandation est également reprise dans la mise à jour de septembre. Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a souligné que les mesures de soutien, lorsqu’elles sont nécessaires, devraient rester ciblées et temporaires tout en maintenant les incitations à économiser l’énergie et à diversifier les approvisionnements.

Une dépendance énergétique qui pèse sur les perspectives marocaines

La dépendance du Maroc aux importations énergétiques constitue l’un des principaux facteurs de vulnérabilité identifiés par l’OCDE.

L’organisation estime qu’une prolongation du choc énergétique pourrait non seulement alimenter l’inflation et creuser le déficit courant, mais également perturber certains approvisionnements nécessaires à l’industrie marocaine des engrais. Les exportations de phosphates et d’engrais constituent en parallèle un élément important de compensation, puisqu’elles représentaient 21 % des recettes marocaines d’exportation de biens en 2025.

L’OCDE projette par ailleurs un déficit budgétaire marocain de 3 % du PIB en 2026 et en 2027, contre 3,5 % en 2025. Elle prévient toutefois qu’un choc énergétique prolongé, combiné à l’extension de la protection sociale, pourrait entraîner des dépenses publiques supérieures aux prévisions.

Le défi de la résilience énergétique

Pour l’OCDE, la réponse aux fluctuations des prix ne se limite pas aux dispositifs d’urgence. L’organisation met également l’accent sur la diversification des sources d’énergie, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Dans son analyse consacrée au choc énergétique de 2026, elle considère que ces investissements peuvent réduire à terme la fréquence et le coût des interventions publiques lors de futures perturbations des marchés.

Pour le Maroc, la question se pose avec une acuité particulière compte tenu de son niveau élevé de dépendance aux importations d’énergie. Les mesures de soutien au transport constituent ainsi une réponse à court terme, tandis que la diversification énergétique et l’amélioration de l’efficacité restent des leviers de moyen et long terme identifiés par l’OCDE.

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