
Les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et le Maroc ont connu un changement notable au cours des douze mois arrêtés à fin mars 2026. Selon les données publiées le 24 septembre par le ministère britannique des Entreprises, de l’Innovation et du Commerce, le Royaume-Uni est passé d’un déficit de 205 millions de livres sur les douze mois précédents à un excédent de 160 millions de livres sur les échanges de marchandises.
Ce retournement représente une amélioration de 365 millions de livres en un an, principalement liée à la forte progression des exportations britanniques vers le marché marocain.
Les exportations britanniques progressent de 35,3 %
Entre avril 2025 et mars 2026, les exportations britanniques de marchandises vers le Maroc ont atteint 2 milliards de livres, en hausse de 35,3 %, soit 513 millions de livres supplémentaires.
Dans le même temps, les importations britanniques de produits marocains ont progressé de 8,9 %, pour atteindre 1,8 milliard de livres, soit une augmentation de 148 millions.
Le commerce de marchandises entre les deux pays s’est ainsi établi à 3,8 milliards de livres, en hausse de 21,2 % sur un an. Les échanges de biens représentent désormais 71,3 % du commerce bilatéral total entre le Royaume-Uni et le Maroc.
Cette évolution contraste avec la situation observée un an auparavant, lorsque Londres enregistrait encore un déficit de 205 millions de livres sur les seuls échanges de marchandises.
Le pétrole brut devient le premier produit britannique exporté au Maroc
La composition des exportations britanniques explique en grande partie ce changement de solde.
Le pétrole brut est devenu le premier poste d’exportation britannique vers le Maroc, avec une valeur de 630,6 millions de livres, soit 32,1 % des exportations britanniques de marchandises. Aucun flux de cette catégorie n’avait été enregistré sur la période comparable précédente.
Les minerais et déchets métalliques arrivent ensuite avec 315,7 millions de livres, en progression de 48,1 %.
Les générateurs de puissance mécanique destinés à un usage intermédiaire représentent 219,4 millions de livres, malgré un recul de 2,5 %. Les produits pétroliers raffinés atteignent 197,3 millions de livres, en baisse de 54,7 %, tandis que les voitures représentent 112,5 millions de livres, en progression de 22,8 %.
À eux seuls, le pétrole brut et les minerais totalisent 946,3 millions de livres, soit 48,2 % des exportations de marchandises britanniques vers le Maroc dans cette ventilation.
Les fruits et légumes dominent les exportations marocaines
Les exportations marocaines vers le Royaume-Uni restent davantage réparties entre produits agricoles et industriels.
Les fruits et légumes constituent le principal poste, avec 644,4 millions de livres, en progression de 13,8 % sur un an. Ils représentent à eux seuls 35,2 % des importations britanniques de marchandises marocaines.
Les articles électriques divers destinés à un usage intermédiaire arrivent en deuxième position avec 386,9 millions de livres, en baisse de 2,2 %. Suivent les voitures avec 153,2 millions de livres, en hausse de 13,3 %, les meubles avec 141,8 millions et l’habillement avec 112,8 millions.
Cette structure illustre le poids simultané du secteur agricole marocain et des chaînes industrielles dans les échanges avec le marché britannique.
Les services maintiennent le Royaume-Uni en déficit
Le changement de situation est toutefois limité aux échanges de marchandises. Lorsque les services sont intégrés aux statistiques, le Royaume-Uni demeure déficitaire vis-à-vis du Maroc.
Le commerce bilatéral total a atteint 5,3 milliards de livres sur les douze mois à fin mars 2026, en progression de 16,7 %.
Les exportations britanniques de biens et services se sont élevées à 2,6 milliards de livres, en hausse de 29,8 %, tandis que les importations ont atteint 2,7 milliards, soit une progression de 6,3 %.
Le déficit global britannique a ainsi diminué de 546 millions à 112 millions de livres en un an.
L’excédent de 160 millions de livres enregistré sur les marchandises reste cependant inférieur au déficit de 272 millions de livres sur les services.
Le tourisme pèse fortement dans les services marocains
Les exportations britanniques de services vers le Maroc ont atteint 625 millions de livres, en hausse de 15,1 %. Le transport représente 258 millions, suivi des voyages avec 130 millions et des autres services aux entreprises avec 103 millions.
Dans l’autre sens, les importations britanniques de services depuis le Maroc ont atteint 897 millions de livres.
Les voyages dominent très largement cette catégorie, avec 717 millions de livres, soit 79,7 % du total. Le transport représente 106 millions et les autres services aux entreprises 34 millions.
Les données de l’Office britannique des statistiques nationales (ONS) montrent également l’importance de la consommation de services à l’étranger dans les échanges avec le Maroc.
Une relation commerciale en progression
La forte amélioration enregistrée à fin mars 2026 intervient après plusieurs années de progression des échanges bilatéraux.
Sur l’ensemble de 2025, le commerce entre le Royaume-Uni et le Maroc avait atteint 4,7 milliards de livres, en hausse de 10,3 %. Les exportations britanniques s’étaient établies à 2,1 milliards, contre 2,6 milliards pour les importations marocaines.
Le déficit commercial britannique était alors proche de 500 millions de livres, après environ 700 millions en 2024 et 800 millions en 2023.
Les nouveaux chiffres montrent donc une accélération des exportations britanniques vers le Maroc, particulièrement visible sur les douze mois arrêtés à fin mars 2026.
Le Maroc reste un partenaire commercial de taille intermédiaire
Malgré la progression des échanges, le Royaume-Uni conserve une part relativement limitée dans les importations marocaines.
Sa part dans l’ensemble des importations marocaines de biens et de services était estimée à 3 % en 2025, contre 2,9 % en 2024. Pour les seuls biens, cette part atteignait 2,5 %, tandis qu’elle s’élevait à 5 % pour les services.
Environ 2.100 entreprises britanniques assujetties à la TVA ont exporté des marchandises vers le Maroc en 2025, contre près de 900 entreprises ayant importé des produits marocains.
Sur les douze mois à fin mars 2026, le Maroc occupait le 47e rang des partenaires commerciaux du Royaume-Uni, représentant 0,3 % du commerce britannique total.
Le Royaume se classait également au 50e rang des marchés d’exportation britanniques et au 43e rang des fournisseurs du Royaume-Uni.
Les exportations marocaines soutiennent des centaines de milliers d’emplois
La relation commerciale possède également une dimension importante en matière d’emploi.
Selon les dernières estimations disponibles de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), portant sur 2022, les exportations marocaines vers le Royaume-Uni soutenaient environ 286.300 emplois au Maroc.
À l’inverse, les exportations britanniques vers le Maroc étaient associées à environ 10.100 emplois au Royaume-Uni.
Ces chiffres reposent sur une modélisation de l’OCDE et ne constituent donc pas une mesure directe des emplois exclusivement liés aux échanges bilatéraux.
Des investissements britanniques encore peu documentés
Les statistiques disponibles montrent par ailleurs que les investissements directs restent moins importants et plus difficiles à mesurer que les échanges commerciaux.
L’ONS ne publie pas le stock d’investissements directs britanniques au Maroc à fin 2024, invoquant des raisons de confidentialité statistique liées au nombre d’investisseurs concernés.
À la même date, le stock d’investissements directs marocains au Royaume-Uni s’établissait à 9 millions de livres, en baisse de 30,8 % sur un an, et représentait moins de 0,1 % du stock d’IDE accueilli par le Royaume-Uni.
Les données montrent ainsi une relation commerciale en expansion, portée notamment par les exportations britanniques de produits énergétiques et industriels et par les exportations marocaines de produits agricoles et manufacturés.



















