
Le constructeur ferroviaire chinois CRRC Zhuzhou Electric Locomotive, filiale du groupe public CRRC spécialisée dans les locomotives électriques, vient de franchir une nouvelle étape dans un projet destiné au marché marocain. L’entreprise a lancé, le 20 septembre, une consultation visant à sélectionner un organisme indépendant chargé d’évaluer la sûreté du matériel et d’examiner les documents nécessaires à son autorisation d’exploitation.
La prestation, prévue jusqu’au 31 octobre 2028, porte sur un marché unique de services financé intégralement sur les fonds propres de CRRC Zhuzhou. Le constructeur recherche ainsi un tiers capable de se prononcer sur l’aptitude du matériel ferroviaire à être exploité commercialement.
Une évaluation indépendante de la sécurité ferroviaire
La consultation combine deux missions principales. La première concerne une évaluation indépendante de sûreté, désignée sous le sigle ISA. La seconde porte sur l’examen des documents nécessaires à l’obtention de l’autorisation d’exploitation du matériel.
CRRC classe cette prestation parmi les services de « certification et d’évaluation technique ». Le calendrier initial de la procédure prévoyait une clôture des candidatures le 22 septembre à 15 heures.
Le document publié par le constructeur reste toutefois discret sur les caractéristiques commerciales et techniques du projet. Il ne précise notamment ni le nombre de locomotives envisagées, ni leur puissance, ni leur vitesse maximale.
Il établit néanmoins clairement que CRRC Zhuzhou travaille sur un « projet marocain de locomotives électriques », suffisamment avancé pour nécessiter l’intervention d’un organisme indépendant chargé notamment d’évaluer « l’aptitude du train à l’exploitation commerciale ».
Une certification prévue jusqu’en 2028
L’organisme qui sera retenu devra disposer d’une accréditation reconnue dans le domaine de l’évaluation indépendante des systèmes ferroviaires. Le cahier des charges cite notamment des organismes comme le CNAS en Chine, l’UKAS au Royaume-Uni, la DAkkS en Allemagne, Accredia en Italie ou le Cofrac en France.
Son champ de compétence devra couvrir au minimum l’intégration du véhicule complet ainsi que ses différents sous-systèmes. L’évaluateur devra notamment être en mesure de vérifier que les risques associés au véhicule se situent dans une plage jugée acceptable au regard des exigences applicables.
La mission devra également s’appuyer sur la famille de normes européennes EN 5012X, qui encadre notamment les méthodes d’évaluation liées à la fiabilité, à la disponibilité, à la maintenabilité et à la sécurité des systèmes ferroviaires.
À l’issue de son intervention, l’organisme devra fournir un certificat ainsi qu’un rapport d’évaluation permettant de formaliser la conformité du matériel aux normes retenues et de conclure à son aptitude à une mise en exploitation commerciale.
Aucun calendrier de livraison communiqué
La durée de la mission, fixée jusqu’au 31 octobre 2028, montre que l’intervention de l’organisme indépendant doit accompagner une partie significative du programme. Elle ne semble donc pas limitée à un simple examen documentaire effectué en amont.
La consultation ne fournit toutefois aucune information sur le calendrier de fabrication des locomotives, leurs éventuels essais au Maroc ou leur date de livraison. Il reste donc impossible, à partir de ce seul document, de déterminer quand le matériel pourrait arriver dans le Royaume ou entrer effectivement en service.
Autre élément à relever : le nom de l’Office national des chemins de fer (ONCF) n’apparaît pas dans la partie publique de la consultation. Aucun document disponible ne permet, à ce stade, d’attribuer formellement à l’ONCF la commande évoquée par CRRC Zhuzhou.
Cette réserve est importante, même si la formulation employée dans l’avis confirme l’existence d’un programme destiné au marché marocain et soumis à une procédure d’évaluation préalable à l’exploitation commerciale.
Une référence différente du contrat Alstom de 2018
Le dernier grand contrat public connu de l’ONCF portant spécifiquement sur des locomotives électriques remonte à 2018. L’Office avait alors commandé 30 locomotives Prima M4 à Alstom, pour un montant annoncé d’environ 1,4 milliard de dirhams.
Ces locomotives étaient conçues pour une vitesse d’exploitation maximale de 160 km/h et fonctionnaient sous une alimentation électrique de 3 kV continu.
Cette précédente commande constitue une référence dans l’évolution du parc électrique marocain, mais elle ne permet pas d’établir un lien contractuel avec le projet actuellement mentionné par CRRC Zhuzhou.
Pour l’heure, les principales caractéristiques du programme chinois restent donc à préciser. La consultation lancée par CRRC apporte surtout un premier élément concret sur l’existence d’un projet de locomotives électriques destiné au Maroc, dont les contours industriels, commerciaux et opérationnels pourraient être précisés au fur et à mesure de son avancement.




















