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Falcon Energy Materials renforce son financement au Maroc

Falcon Energy Materials renforce les moyens financiers destinés à son projet d’usine de matériaux d’anode pour batteries lithium-ion à Jorf Lasfar. Le raffineur canadien de graphite naturel a annoncé, lundi 21 septembre, l’augmentation de son placement privé, porté de 30 millions à 34,24 millions de dollars canadiens, en raison de la demande enregistrée auprès des investisseurs.

L’opération prévoit l’émission de 34,24 millions d’unités au prix de 1 dollar canadien chacune. Les fonds doivent notamment soutenir le développement du projet marocain ainsi qu’une éventuelle prise de participation minoritaire dans un producteur chinois de matériaux d’anode.

Un placement privé porté à 34,24 millions de dollars

Chaque unité proposée par Falcon Energy Materials comprend une action ordinaire et un demi-bon de souscription non cessible. Un bon complet permettra d’acquérir, pendant une période de 24 mois suivant la clôture de l’opération, une action supplémentaire au prix de 1,29 dollar canadien.

L’exercice intégral des 17,12 millions de bons pourrait ainsi générer environ 22,1 millions de dollars canadiens supplémentaires pour l’entreprise. Le prix d’émission de 1 dollar représente par ailleurs une prime d’un peu plus de 4 % par rapport au cours de l’action, qui s’établissait à 0,96 dollar canadien.

Le placement, annoncé initialement le 9 septembre à hauteur de 30 millions de dollars canadiens, avait été présenté comme entièrement souscrit et réalisé sans intermédiaire ni commission.

Jorf Lasfar au cœur du plan de croissance

Les nouveaux capitaux doivent financer le développement de Falcon Energy Materials au Maroc et à l’international, mais aussi les besoins en fonds de roulement du groupe.

Une partie des ressources pourrait également être consacrée à l’acquisition d’une participation minoritaire dans un producteur chinois de matériaux d’anode déjà opérationnel. Un protocole d’accord préliminaire a été signé en ce sens le 6 août, mais Falcon n’a communiqué ni le nom de la société ciblée, ni la participation envisagée, ni le montant de l’opération.

Les discussions étant toujours en cours, l’entreprise précise qu’elles pourraient ne pas aboutir à un accord définitif. Son directeur général, Matthieu Bos, estime néanmoins que le financement et cette éventuelle acquisition contribuent à réduire les risques associés à la construction de l’usine d’anodes au Maroc.

Une usine évaluée à 86 millions de dollars

Le projet industriel de Jorf Lasfar repose sur une étude technico-économique publiée en novembre 2025 par le cabinet britannique Dorfner Anzaplan UK. Réalisée selon la classe 3 de l’AACE, cette étude présente une marge de précision comprise entre -15 % et +20 %.

L’investissement initial est évalué à 86 millions de dollars américains, provisions pour aléas comprises. L’enveloppe comprend notamment 30 millions de dollars pour le circuit de traitement du graphite et 22 millions pour la charpente métallique.

L’installation doit produire annuellement jusqu’à 26 000 tonnes de graphite sphéronisé, purifié et enrobé (CSPG) ainsi que 19 000 tonnes de fines commercialisées séparément. Falcon utilise toutefois parfois une capacité de 25 000 tonnes dans ses communications.

L’étude estime le coût complet de production à 3 168 dollars par tonne, dont 1 149 dollars de réactifs et 1 008 dollars correspondant à la matière première et au transport. Le prix de vente moyen à long terme retenu dans les projections atteint 8 300 dollars par tonne.

Trois étapes pour produire le matériau d’anode

L’usine marocaine, qui doit s’étendre sur environ cinq hectares au sein d’un bâtiment unique, reposera sur trois principales étapes de transformation.

La première consiste à sphéroniser les paillettes de graphite, avec un rendement annoncé de 60 %, permettant d’obtenir environ 28 000 tonnes de graphite sphérique par an. Le matériau sera ensuite purifié à l’aide d’un mélange d’acides fluorhydrique, chlorhydrique et nitrique, afin de faire passer sa pureté de 95 % à 99,95 %.

La dernière étape prévoit l’enrobage du graphite avec du carbone amorphe à partir de brai. Cette succession de traitements doit permettre de produire le CSPG destiné notamment au marché des batteries lithium-ion.

Falcon bénéficie par ailleurs d’un accord conclu avec Fluoralpha, société marocaine spécialisée dans la production d’acide fluorhydrique anhydre. L’entreprise a mis un terrain à la disposition de Falcon dans sa zone industrielle de Jorf Lasfar et les deux partenaires avaient également prévu de négocier un contrat d’approvisionnement.

Le groupe avait indiqué que le Park X, site industriel d’INNOVX adjacent au complexe de Jorf Lasfar, constituait alors l’emplacement privilégié pour son usine commerciale.

Une ligne pilote déjà inaugurée à Jorf Lasfar

Une première étape industrielle a été franchie le 9 juillet avec l’inauguration de l’usine pilote de Falcon à Jorf Lasfar. Présentée comme la première unité de ce type au Maroc, elle doit produire environ 100 kilogrammes de CSPG par jour.

La ligne pilote avait été assemblée et testée en Chine chez Hensen Graphite & Carbon, partenaire technique de Falcon. L’usine chinoise de Weihai sert également de référence pour la conception du futur site marocain.

Cette installation doit permettre de produire des échantillons destinés aux équipementiers et aux fabricants de batteries, à partir de concentré de graphite provenant d’Afrique. Dès octobre 2025, trois clients potentiels avaient commencé à tester des échantillons fabriqués en Chine.

Pour Falcon, cette étape doit contribuer à la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement en matériaux d’anode destinée à réduire la dépendance à l’égard de la production chinoise.

Un financement complémentaire encore conditionnel

Le financement complet de l’usine reste toutefois lié à la conclusion de contrats d’achat ferme. Falcon avait annoncé le 9 avril une lettre d’intention non contraignante avec un partenaire stratégique et financier dont l’identité n’a pas été révélée.

Cet accord prévoit potentiellement 65 millions de dollars américains sans dilution pour les actionnaires, auxquels pourraient s’ajouter 5 millions de dollars destinés à soutenir une future augmentation de capital. L’ensemble représenterait environ 81 % de l’investissement initial estimé à 86 millions de dollars.

Cette enveloppe demeure conditionnée à la conclusion d’un contrat d’achat ferme, à la réalisation des vérifications préalables, à la finalisation de la documentation ainsi qu’à l’obtention des autorisations réglementaires et boursières nécessaires.

La clôture du placement privé de 34,24 millions de dollars canadiens est prévue le 23 septembre, sous réserve notamment de l’approbation de la Bourse de croissance TSX. Le projet marocain de Falcon Energy Materials entre ainsi dans une nouvelle phase de financement, alors que l’entreprise poursuit simultanément la préparation de son futur outil industriel à Jorf Lasfar et la qualification de ses produits auprès de clients potentiels.

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