
Fouzia ELBAYED : Parcours d’une écrivaine où se combine la dimension académique, culturelle et politique
Sans trop de fanfares, nous sommes devant un profil d’endurance avec des pas discrets qui a emprunté un parcours universitaire où se combinent Lettres, Sciences Humaines, Droit Public et Sociologie Politique, résultat d’une double formation académique et d’une riche polyvalence développée. Surtout quand il s’agit de joindre le théorique à la pratique du terrain.
Fouzia ELBAYED, en tant qu’écrivaine, critique d’art et en tant qu’enseignante chercheuse, est de cette catégorie d’intellectuelle calme et discrète qui est souvent caractérisée par une écriture pondérée, une observation attentive du monde, une humilité face à son œuvre et une présence publique modérée.
Elle a contribué à la formation des cadres et à l’encadrement des générations d’étudiants depuis plus de trois décennies. D’autre part en tant que députée, elle s’est exercée durant son mandat au Parlement 2011-2016 au contrôle du pouvoir exécutif et au débat sur les politiques publiques, à la révision de l’arsenal juridique et aux plaidoiries sur les droits humains dans des instances internationales et dans des commissions des questions juridiques et des droits de l’homme, au conseil de l’Europe, à Genève, à Paris, à Strasbourg, à la CPI à Rome et à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York pour les discussions multilatérales, conjointement avec les bilatérales dans le travail de la diplomatie parallèle.

Elle a participé à des programmes de leadership et d’encadrement des femmes pour envisager la vulnérabilité économique, construire la confiance et renforcer l’estime de soi. Les questions qu’elle a défendues sont celles liées à l’égalité des chances, à l’accès aux services sociaux, à la santé et à l’éducation, à la fourniture de services fondés sur tous les droits sensibles au genre reconnus universellement.
Son travail dans la commission de l’égalité et avec la société civile était focalisé sur la demande de l’élargissement des programmes de la protection sociale, la révision des lois sensibles au genre et du revenu de base, la réduction de la charge des soins et la couverture du travail domestique, le renforcement des piliers de l’économie solidaire et l’augmentation des chiffres des investissements dans la loi de finance concernant la couverture sanitaire, c’est-à-dire les suggestions des stratégies et des politiques préventives afin de remédier aux dysfonctionnements et à l’inégalité sociale.
Ses écrits sont un croisement des disciplines allant de l’anthropologie et sociologie, arts et lettres et recherches en innovation dans l’éducation et enseignement apprentissage. Son expérience, ses missions d’encadrante de sujets de recherche et d’évaluatrice de thèse et ses formations pluridisciplinaires lui confèrent une adaptabilité au débat et une capacité d’analyse des enjeux, voire une large vision se reflétant sur sa plume d’écrivaine et sa production livresque.
Elle a commencé à écrire ses premiers articles depuis 1996 dans des revues et des supports journalistiques dans la rubrique culturelle. Une production qui reflétait un intérêt particulier aux arts et lettres et s’est couronnée par l’obtention d’un DESA en 1999 de l’UFR Littérature et Esthétique de l’université Med V sur La politique culturelle avec la 1ère promotion des critiques d’art ayant étudié cinéma, peinture, théâtre, roman, poésie, la photographie et l’histoire de la critique d’art et des idées, des courants esthétiques et artistiques. Ensuite par un doctorat en Langue et Littérature françaises, « Impact de la conjoncture sociopolitique sur le produit culturel, le cas du Maroc », avec une approche de l’anthropologie culturelle de la même université en 2006.
En parallèle avec la recherche scientifique, elle à entretenue un accompagnement par des écrits sur des expositions de peinture et des spectacles de la vie culturelle. Elle a publié son premier recueil de poèmes « Mindil A’dar », édition Dar Atakafa en 2002, « Les couleurs des réminiscences », édition Eddif 2003 et « Paroles sculptées » en 2018, sorte de complicité artistique entre écrivaine et peintre sculpteur Azdem Abdeslam, avec le soutien du ministère de la culture.
A côté de son travail scientifique en tant que membre de jury de thèse, de festivals et de comité de lecture des maisons d’édition, Mme Fouzia ELBAYED a assuré la responsabilité de directrice de l’édition de la revue Alfonoun, du ministère de la culture et de la communication marocaine, depuis novembre 2018. Une revue dédiée à l’art, aux produits culturels et aux manifestations liées au patrimoine matériel et immatériel, aux festivals et aux nouvelles éditions d’ouvrages dans le même domaine.

Viennent ensuite trois autres ouvrages sur le théâtre comme son projet de recherche depuis plusieurs années, dont « Théâtre et identité, esthétique de la transcendance et de l’immanence », édition Marsam 2018, « La pépinière du théâtre universitaire au Maroc », édition Manahil 2019, « Le théâtre virtuel de la subversion à la transgression » édition l’Harmattan, Paris, 2025.

Elle était parmi les initiateurs, au sein de ministère de la culture, de la table ronde préparatoire pour les assises de l’industrie culturelle, « Les industries culturelles au Maroc, vers un partenariat public-privé pour des perspectives de développement durable », à la BNRM, Rabat, 9 juillet, 2019.
En plus de plusieurs contributions scientifiques et articles sur « les politiques publiques » dans des supports journalistiques. Elle continue à entretenir une activité de recherche scientifique en participant aux colloques et congrès nationaux et internationaux en tant que membre d’équipe de recherche et de laboratoire de recherche à la Faculté des Sciences de l’Éducation et à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Mohammedia et au CRMEF de Casablanca dont le travail de recherche en équipe s’est couronné par un ouvrage collectif sur : « Les soft skills en enseignement de la langue française et arabe: un levier des compétences estudiantines » en 2022 avec le soutien du ministère de l’enseignement.
Dans le domaine de l’enseignement, elle a produit quatre autres ouvrages dans la catégorie du livre scolaire : deux liés à la discipline de l’évaluation et l’élaboration des examens du cycle secondaire « Réussir ses examens du cycle collégial » et qualifiant « Les clés de la réussite des examens du lycée ». Il s’ensuit deux autres publications en rapport avec l’acquisition des compétences linguistiques et celles de la rédaction comme bête noire des étudiants dans leur parcours scolaire dont « Le guide de la grammaire du français » et « Les ficelles de la rédaction en français ».

Elle a aussi porté dans ses axes de recherches scientifiques un intérêt particulier à l’éducation inclusive et aux troubles des apprentissages, a accompagné, soutenu et encadré des parents d’enfants souffrant de handicap, dans le cadre du travail associatif en sensibilisant les futurs enseignants aux modalités de diagnostic, de soutien et de remédiation.
Parmi ses centres d’intérêt la lecture. La lecture publique et scolaire en relation avec l’écriture et la littérature. Son nouvel ouvrage est intitulé, « La lecture et l’écriture, outils pédagogiques et actes de transmission culturelle » où elle a produit une réflexion sur la connexion entre ces deux disciplines en général et sur les enjeux et les spécificités de chacune d’elles dans l’enseignement de la littérature.
Pourquoi la lecture ? Lui demande t-on. Elle répond que « La lecture » comme activité scolaire et culturelle est un sujet qui entre dans le centre d’intérêt de la communauté des intellectuels et des producteurs dans la chaîne des métiers du livre et de son industrie mais aussi s’avère un élément primordial dans le cursus de formation scolaire des apprenants, avec toute l’articulation entre la didactique de la lecture et de l’écriture comme axe primordial dans l’acquisition des compétences linguistiques pour les apprenants.
Quel en est l’intérêt ? Son objectif général est d’ouvrir le débat autour de la lecture comme activité scolaire et culturelle, d’encourager la créativité et de susciter l’intérêt au sensible dans la littérature, chez les apprenants, les professeurs et tous ceux et celles qui s’adonnent à l’activité de la production intellectuelle. L’objectif spécifique est d’initier les professeurs stagiaires pour qu’ils soient porteurs de projets autour de l’axe de la lecture, de rapprocher le livre en format papier ou numérique du récepteur, d’encourager la qualité de l’écriture et l’édition permanente.















